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SAUVONS LE HANDBALL | "Nous espérons que la fédération ouvrira le dialogue et tirera notre sport vers le haut."

Rédigé le Mercredi 3 Mars 2021 à 18:38 | Lu 847 fois


Comme évoqué récemment avec Sebastien Vasson, président du club de Caudry, la crise sanitaire va continuer à faire de nombreux dégâts dans le sport amateur. Cette semaine, c'est Yann Rubert, l'un des membres-fondateurs du collectif SAUVONS LE HANDBALL qui prend la parole et qui tire à son tour la sonnette d‘alarme afin que la fédération entende l‘appel des clubs amateurs.


Photo : Yann Rubert
Photo : Yann Rubert
Reprenons depuis le début. La COVID-19 touche tout le monde, y compris le domaine du sport pro et amateur. Pourquoi avez-vous créé le collectif SAUVONS LE HANDBALL ?

L'idée ne vient pas de moi, disons que j'en suis un membre-fondateur avec mes camarades du 54. Côté club, je ne voyais pas comment nous en sortir, relancer la machine, obtenir des réponses. Venant d'un sport collectif, nous nous sommes dits que notre union ferait notre force. Nous étions 17, rejoints rapidement par des Bretons du 35 et des Nordistes du 59. Après, vous voyez comme tout le monde l'ampleur du phénomène qui est en train d'agiter gentiment l'univers du Handball. +450 clubs ce jour pour 2300 clubs affiliés environ... Je vous laisse faire le calcul. C'est exponentiel, mais c'est également freiné par tous les clubs dirigés par des membres des instances qui ne nous voient pas d'un bon œil. Tout ça prouve que nous sommes dans le vrai. Tous n'ont pas la lucidité et l'honnêteté de se dire que notre fonctionnement actuel marche à l'envers.

Le but du collectif est tout simple, faire entendre nos voix sans intermédiaire, d'égal à égal. La fédération c'est Nous ! Sans les clubs, il n'existerait rien. Et ça nous avons clairement l'impression qu'ils l'ont oublié. Le cœur de tout ce monde, c'est Nous. Il est temps de nous placer au centre des projets, des décisions. Demain, il faudra reconstruire. Il faut se le dire en face, des clubs vont faire un bond en arrière de 5/10ans. Alors nous rebâtirons, comme nous le faisons depuis des années, mais en demandant à être au centre de tout.

Aujourd’hui, la fédération reste insensible aux cris d’alerte des clubs amateurs ?

Au vu de notre collectif, de nos actions (envoi en nombre du communiqué), nous sommes certains que notre message est arrivé à la fédération. Maintenant, est-ce qu'il a été entendu, c'est une autre histoire... Il y a des réactions, de notre fait ou pas. Ça nous est égal. Reste à savoir si ça ira dans le bon sens. Mais nous savons que certains grincent déjà des dents.

Je ne peux pas imaginer qu'une fédération ignore sa base. Sans eux, on est rien, mais sans nous, ils ne sont rien. Ce collectif montre bien la solidarité dans ce sport. On espère que la Fédération le sera aussi.

Quel est le message que vous voudriez faire passer aux plus hautes instances du handball ?

Au-delà des revendications présentes dans notre communiqué, nous souhaitons un échange et nous sommes prêts à travailler en collaboration pour sauver nos clubs, nos licenciés, notre passion...

Ils devraient saisir cette chance d'avoir un collectif de clubs qui s'unissent, s'investissent et s'engagent pour sauver son sport. 

Il est bon de rappeler que vous ne demandez pas d’argent, mais des moyens pour fidéliser les joueurs à notre discipline. Dans l’idéal, que faudrait-il mettre en place pour aider l‘ensemble des clubs amateurs et de lutter contre la baisse vertigineuse des licenciés ?

C'est le réel problème qui menace notre sport. Nous avons connu une baisse importante dans nos rangs. Nous devons absolument avoir une stratégie avec deux cibles différentes. Tout d'abord, nous devons absolument apporter une réponse aux milliers de handballeurs qui ont fait confiance à leurs clubs en prenant une licence. Ils ont pris une licence presque pour rien. La fédération doit prendre des décisions fortes et prolonger les licences actuelles jusqu'en 2022. On pourrait ainsi garder nos licenciés actuels, si tous reviennent.

Ceci permettrait également de nous concentrer aux développements et à la recherche de nouveaux licenciés dès la reprise.

Pourquoi beaucoup de clubs risquent de ne pas repartir en septembre si la fédération ne réagit pas ?

C'est mathématique, les gros clubs reprendront avec moins de licenciés, mais repartiront. Les petits clubs auront du mal à avoir assez de gamins pour faire des équipes. Si on rajoute l'usure des bénévoles, ça risque de faire mal en septembre !!!
 

Si des clubs amateurs, pros désirent rejoindre le mouvement quelles sont les démarches à faire ?

Merci de préciser que les clubs pros sont concernés, pour eux aussi, c'est difficile. Difficile sur le terrain, mais aussi difficile pour nous soutenir. Disons-le clairement, beaucoup de clubs et de joueurs professionnels ne peuvent pas s'exprimer comme ils le voudraient, la faute aux contrats et aux chartes d'éthique... Mais ils sont présents dans l'ombre pour certains et ça fait du bien de voir que du côté du terrain nous sommes unis, pros Amateurs même combat.

Une seule démarche, il suffit de remplir le formulaire mis en place sur notre page officielle, et de nous envoyer ensuite un mail avec le logo de leur club. Tout est expliqué. Le nombre de clubs a plus que doublé en 5 jours, il a fallu nous adapter.

Combien de clubs vous ont rejoint ?

+450 clubs au décompte hier soir, probablement 500 au moment où paraîtra cet article. À chaque pseudo-communication de la fédération, nous enregistrons un pic d'adhésion. Preuve que le malaise est profond. Il est temps d'arrêter la politique de l'autruche et de s'adresser enfin la parole. Nous craignons que ce qu'ils préparent pour début soit encore à côté de la plaque. Loin de la réalité du terrain. Nous aurons encore perdu 10 jours, avant de se concerter.

Désirez-vous rajouter quelque chose ?

Le Handball est une grande famille, il est temps de le prouver.

Les paroles peuvent être belles, nous attendons des actes qui le prouvent. Il n'y pas si longtemps une équipe s'est fait élire en prônant l'aspect collectif de leur programme. En agitant cela comme un symbole.

Aujourd'hui, nous sommes devenus ce symbole, pas eux ! Des clubs unis de tout le territoire pour sauver le handball, notre passion, notre sport. Nous défendons l'intérêt de nos licenciés, nos salariés, nos bénévoles, nos partenaires. N'est ce pas normal ? Maintenant, nous espérons que la fédération ouvrira le dialogue et tirera notre sport vers le haut.

À eux de s'emparer de cet élan. La balle est dans leur camp !
 

Chris Corion
Hand Planet

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