Menu

La France reste sur le toit du Monde

Rédigé le Dimanche 29 Janvier 2017 à 22:11 | Lu 1099 fois


Nous y sommes, le grand moment tant attendu depuis presque trois semaines par tous les fans de handball et bien d’autres : la Finale des championnats du Monde. Et comme rêvé, la France s’est donné le droit de défendre son titre à domicile devant un public phénoménal. Il reste soixante minutes pour venir à bout d’une équipe de Norvège, qui a posé quelques problèmes à la bande à Dinart/Gille lors de la phase de poule. Peu importe la manière, tout le monde espère que le résultat sera similaire au 31-28, qui avait eu lieu à Nantes, il y a quatorze jours.


Et c’est parti pour le show

Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
L’engagement est donné par les bleus, mais c’est bien Lie Hansen qui ouvre la marque avant que Nikola Karabatic ne lance l’équipe de France. Il est tout de suite imité par Omeyer, qui détourne le ballon, puis par Mahé qui convertit son jet de sept mètres. Il n’a pas la même réussite sur le suivant, ce qui permet à Jondal de donner l’avantage aux blancs. Le patron Karabatic a bien l’intention de remporter ce match et il le fait de nouveau savoir aux Norvégiens avant de délivrer un caviar à Remili pour l’égalisation à 4-4. C’est pourtant la Norvège qui fait le premier break sur une réalisation de son capitaine Myrhol, qui rattrape une passe entre les jambes de la défense française. Les bleus provoquent fort la défense adverse pour obtenir deux pénaltys convertis par Guigou mais c’est bien dans ce secteur défensif qu’on ne retrouve pas l’intensité habituelle chez les Experts. La Norvège trouve trop facilement la solution plein centre dans ces dix premières minutes, ce qui leur permet de conserver deux longueurs d’avance. Un nouvel échec au pénalty, cette fois par Guigou, suivi d’un but de Lie Hansen ne laisse pas le choix à la France qui fait rentrer Vincent Gérard. Ce dernier se distingue d’entrée pour envoyer Mahé conclure une contre-attaque où il se fait gentiment balancer dans les panneaux publicitaires.

Bergerud tient ses promesses

Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
Le bon début de match de Tonnesen fait mal aux bleus qui sont plutôt chanceux sur certains ballons à l’image de Remili qui récupère et marque après une parade de Bergerud. Lie Hansen continue son récital offensif avant de perdre un ballon précieux qui permet à Porte de ramener les bleus à un seul petit but. Avec Fabregas à l’aile gauche en attaque, les bleus innovent et trouvent des solutions, mais ils se heurtent trop souvent à Bergerud, qui avait annoncé que la Norvège battrait la France. Un double changement tricolore s’impose, avec les rentrées de Mahé et Abalo, alors que les blancs ont repris trois unités d’avance. Les Experts poussent les actions offensives au maximum, mais le problème vient du fait que les Norvégiens font l’inverse et trouve trop rapidement le chemin des filets. Alors que l’impression laissée par les bleus n’est pas celle espérée, Mahé sur pénalty puis une parade monumentale de Gérard et un nouveau but de Mahé remettent les deux équipes au même niveau. Une ultime interception et une montée de balle rocambolesque conclue par un une-deux Abalo-Porte donne in extrémiste l’avantage à la France 18-17 devant une salle en fusion.

Même si la France est devant au score, la clé de cette première période réside dans l’efficacité des gardiens puisque Bergerud affiche un ratio de 8/26 alors que la paire française est à 5/22. La défense tricolore n’est pas apparue aussi percutante qu’à l’accoutumé en début de partie, ce qui a permis à la Norvège de planter déjà 17 buts. Qu’importe l’essentiel est bien là avec une avance au score alors qu’il reste trente minutes insoutenables à jouer.
 

La France ferme la porte

Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
Guigou lance idéalement la seconde période en inscrivant un doublé avant que Myrhol ne marque son troisième but. Les bleus sont revenus avec des intentions fortes, en accélérant le rythme offensivement et en sortant la boîte à baffes en défense. Sous l’impulsion d’un Guigou virevoltant et des parades de Gérard, la France prend quatre buts d’avance très rapidement et force Christian Berge à poser son temps-mort. Lorsque Gérard n’est pas à la parade, c’est Sorhaindo qui est au contre ou Fabregas à l’interception et le public peut s’en donner à cœur joie sur la roucoulette de Porte. L’AccorHotels Arena est en train d’exploser tout comme les joueurs de la Norvège. Bjornsen stoppe l’hémorragie blanche et un chassé-croisé s’installe dans la partie avec Tonnesen qui répond à Fabregas. Les esprits s’échauffent entre les deux équipes synonymes d’une tension palpable jusque dans les buvettes de Bercy.
 

Les 15609 spectateurs jouent leur rôle jusqu’au bout

Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
A son tour, Bergerud multiplie les arrêts, ce qui permet à Myrhol de ramener la Norvège à 25-22 alors qu’il reste encoure ou seulement quinze minutes à jouer. Mahé puis Fabregas redonnent un matelas d’avance à la France alors qu’O’Sullivan se voit sanctionné de deux minutes d’exclusion. C’est Johannessen qui redonne de l’espoir à son équipe, mais en étant à la conclusion, il ne peut rien sur la montée de balle express de Porte. Sur l’action suivante, l’interception de Guigou ponctuée par une montée de balle finalisée par Remili envoie le public dans une autre dimension. Nikola Karabatic est partout, il envoie un double contre avant de marquer en appui sur deux actions consécutives. Le tout ponctué par des arrêts monstres de Gérard et les bleus se retrouvent à 31-23 à sept minutes du terme. La fin de match est anecdotique. Les Experts peuvent savourer les cinq dernières minutes et prendre toute l’énergie d’un public aux anges qui voient son équipe l’emporter

Tout le monde l’attendait, ils l’avaient annoncé, ils l’ont fait : les Experts restent CHAMPION DU MONDE de handball et à domicile. Vincent Gérard aura une nouvelle fois été héroïque tout comme ses coéquipiers qui ont clairement élevé le niveau de jeu en seconde période. La Norvège a dégoupillé et n’a pas su tenir le rythme imposé. Ils se contenteront d’une belle médaille d’argent, eux qui n’avaient qu’un statut de wild-card, alors que les Experts continuent leur moisson d’or.
 

Statistiques du match

Crédit Photo : Stéphane Pillaud - France Handball 2017
Crédit Photo : Stéphane Pillaud - France Handball 2017
France : Gerard (11/27), Omeyer (2/12 arrêts),  – Remili (4/12), Nyokas, Narcisse (2/4), N.Karabatic (6/9), Mahé (5/6), N’Guessan (0/1), Accambray, Abalo (1/1), Sorhaindo (3/5), Guigou (5/6), Fabregas (2/3), Di Panda, Porte (5/6), Mem

Norvège : Christensen (4/8 arrêts), Bergerud (13/42) – Sagosen (1/5), Hykkerud (0/1), Myrhol (4/6), Overby, Tonnesen (5/5), Jondal (2/3), Bjornsen (4/5), Lindboe, Gullerud (1/2), Rod, O’Sullivan (1/3), Tangen (3/8), Johannessen (1/1), Hansen (4/7)
 

Focus sur Ludovic Fabregas

Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
Temps de jeu : 44’59 (23’30 en 1ère et 21’29 en 2nd)
Ballons touchés : 37
Tirs : 3
Buts : 2 (En bas à gauche et en bas au centre)
Faute commise : 1 (2min)
Fautes reçues avec pénalty à la clé : 2
 

Réactions d’après-match

Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
Guillaume Gille : « On a eu l’impression d’avancer petit à petit, de construire la fusée. Je ne sais pas si le coaching est cohérent. En tout cas, on a suivi nos choix, on a été confiants dans les options que l’on a prises. Ce sont les joueurs qui font que les coachs ont gagnés. Les matchs de ce niveau, c’est rare qu’ils n’aillent que dans un sens. Les norvégiens ce n’était pas une surprise pour nous et l’on savait que l’on allait devoir surmonter des temps faible. Notre début de match défensivement n’est pas extraordinaire car on est beaucoup châtié par les tireurs norvégiens. Leur jeu rapide nous a fait mal. La deuxième est d’un autre niveau, beaucoup plus dense, beaucoup plus dynamique. On sent que l’énergie commence à manquer en face et l’on prend le pas défensivement sur l’adversaire, ce qui nous permet de prendre le match en main. »
Félicitations coach. Un petit mot sur le public ?
« Le public est à l’image de ce que l’on vit depuis le début : incroyable, phénoménal. C’est un public où l’on peut s’amuser à utiliser tous les superlatifs. Franchement pour un handballeur français, ce que l’on a vécu aujourd’hui c’est incroyable. C’est un carburant dément. »
La médaille, elle est plus belle en tant que coach ou en tant que joueur à l’époque ?
« C’est deux missions différentes. A ce niveau-là, c’est deux joies qui sont incroyables mais je n’ai pas envie de les comparer. C’est des émotions fortes et c’est sûr que pour mes débuts au sein du staff de l’équipe de France, je ne pouvais pas rêver mieux, je ne pouvais pas rêver d’une aussi belle aventure. »

William Accambray : « C’est du bonheur et c’est aussi une grosse décompression car ça fait un mois qu’on est sous pression par rapport à ça. On veut faire plaisir à nous, à nos familles, à tous les français donc aujourd’hui c’est un grand moment de bonheur de pouvoir ramener l’or. »

Yanis Lenne : « Beaucoup d’apprentissage, je ressors grandi, j’ai appris énormément. Ça donne envie de revenir et de gagner d’autres titres avec cette équipe fantastique. C’est la plus grosse équipe du monde, une équipe très complète avec beaucoup de rotations sur le banc. Au-delà des joueurs, c’est surtout un groupe extraordinaire, qui vie très très bien ensemble. C’est aussi ce groupe soudé qui fait que l’équipe de France avance chaque année. »

Valentin Porte : « La rentrée de Vincent Gérard nous fait du bien parce qu’il fait deux ou trois arrêts très important. Ça nous rassure défensivement et ça nous permet de monter des ballons plus facilement. C’est surtout cela qui a déclenché la remonté. Quand on voit que l’on est à +1 à la mi-temps, c’est un peu miraculeux mais on se dit : Aller on va mettre les bouchées doubles et on les laisse pas espérer. »

Nedim Remili : Félicitations. On s’est quitté après la demi-fianle et tu voulais remercier beaucoup de monde mais tu préférais attendre aujourd’hui.
« Et bah voilà, on peut le faire maintenant. On peut remercier toute l’organisation, tous les bénévoles, tous les supporters qui se sont déplacés, c’était juste énorme. On a eu des ambiances de feu partout où l’on a été. Je pense que devant la télé aussi ça a du faire un beau chiffre. C’est juste énorme. On espère que les gens vont encore nous suivre avec plus d’engouements, qu’ils vont suivre le championnat de France, la Ligue des Champions car il y a des gros matchs qui se jouent chaque semaine. On peut encore faire grandir notre sport et vous aussi vous pouvez le faire. »
A titre personnel, qu’est-ce qu’elle représente cette médaille ?
« Beaucoup de fierté. La consécration d’un travail acharné vraiment. De mois, d’années, de rêve de gosse qui fait que c’est beau. Il n’y a pas longtemps, je jouais des finales d’inter-comités, d’interdépartementales et pour moi c’était déjà des finales de championnat du Monde. J’avais la même pression, et là tu joues et tu la remportes. Encore une fois, j’espère que ce ne sera pas la dernière. »
Meilleur arrière droit de la compétition, c’est aussi une belle récompense ?
« C’est super mais maintenant cela n’aurait servi à rien si j’étais meilleur arrière droit mais qu’on n’avait pas été champion du Monde. Je vais savourer ce titre de champion du Monde et maintenant il va falloir prouver avec le PSG et sur les prochaines échéances avec les bleus. »

Cédric Sorhaindo : « Il n’y a pas de plus belles médailles. Toutes les aventures ne se ressemblent pas donc c’est une nouvelle ligne au palmarès. L’expérience de vie que l’on a eu tout le mois, c’est la chose la plus importante à retenir. L’équipe de Norvège est une belle équipe. Ils ont su bien aborder le match. On a eu des échecs et eux étaient très en réussite donc il a fallu jouer un match complet. Ce qui est bien aussi avec notre équipe, c’est qu’il y a beaucoup de personnes, même sur le banc, qui restent actifs, qui voient où sont les failles et on a su les exploiter en seconde mi-temps. »

Olivier Nyokas : « Une délivrance au coup de sifflet final, la pression qui retombe, le sentiment du devoir accompli. Quand j'ai retrouvé ma famille c'était très émouvant, je suis content d'avoir pu accomplir cela devant eux même si c'est sur j'ai eu un temps de jeu qui a été un peu réduit en fin de compétition mais j'avais un rôle particulier et j'ai su le remplir de la plus belle des manières. J'ai apporté ma pierre à cet édifice, ce qui est énorme et je suis très satisfait. C'est énorme ce qu'on a pu faire et toute l'équipe et tout le staff, c'est juste magnifique. »

Ludovic Fabregas : « C’est beau pour Didier, il gagne en tant que joueur puis en tant qu’entraineur. Félicitations à lui. »
Personnellement, c’est quoi la première chose que tu as envie de faire en rentrant aux vestiaires ?
« Je sais pas, j’ai trop de choses à faire. On va boire un coup ensemble, on va rigoler, on va reparler du match et puis on va prendre des photos. »

Michael Guigou : « Quand il y a +6 ou +7, on est là pour partager, pour prendre du plaisir. Je suis allé du côté où il y avait ma famille et mes potes pour finir la dernière attaque et profiter avec eux. C’est grâce à eux que je me suis transcendé aujourd’hui. Je crois que l’on n’arrive pas à faire les choses tout seul. »

Vincent Gérard : « Je pense que l'on était venu chercher cette sixième étoile et voilà on s'impose. Les années post olympique c'est toujours compliqué parce qu'on enchaîne plusieurs compétitions d'affilés et on a su puiser au fond de nous-même pour aller chercher ce titre. »

Kentin Mahé : Il se passe quoi maintenant ?
« Dès que j’ai fini avec la zone média, je file aux vestiaires. Je vais boire un bon verre de bière ou peut-être de rhum. On a le droit de le dire maintenant ! »


Virginie Cornet et Damien Polonais pour Hand Planet

Notez

Dans la même rubrique :
< >