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La France et son public auront le droit à une finale Phénoménale

Rédigé le Jeudi 26 Janvier 2017 à 21:43 | Lu 1828 fois


C’est le jour J : Celui où les Experts retrouvent l’antre de Bercy ou devrait-on dire de l’AccorHotels Arena, qu’ils avaient foulés lors du match d’ouverture. Depuis, six autres matchs ont eu lieu et ils ont tous été conclus par une victoire. La Slovénie n’a pas connu la même réussite, mais elle a produit du beau jeu et elle se retrouve logiquement à ce stade de la compétition.


La France rentre à fond dans le match

Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
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Première surprise du chef concoctée par Didier Dinart avec la titularisation de Gérard, suite à son excellente mi-temps face à la Suède. C’est Fabregas qui ouvre le score devant un public déjà chaud bouillant, mais après quelques actions confuses, Dolenec égalise. La défense bleue provoque deux passages en force adverses coup sur coup, ce qui permet à Porte et Di Panda de réaliser le premier break de la partie. La clé de l’entame de match réside dans la mobilité défensive des Experts qui bloquent l’ensemble des attaques slovènes. Ils n’ont plus qu’à temporiser les actions offensives pour se détacher à 4-1 sur un nouveau but de Fabregas. Les choses auraient pu se compliquer lorsque Fabregas puis Di Panda prennent deux minutes quasi simultanément, mais Gérard referme la cage et Porte puis Narcisse mystifient la défense adverse : 6-2 à la 11ème. La Slovénie revient dans la partie à une longueur sur contre-attaque via son meilleur buteur Marguc (31 buts avant aujourd’hui) ou Cingesar.

Le public pousse son équipe

Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
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A peine rentré en jeu, N’Guessan mitraille Skok pour redonner de l’air aux bleus. Pas aidé par la paire d’arbitres allemande, qui ne sanctionnent pas la Slovénie sur plusieurs actions, les Experts ne s’affolent pas même s’ils semblent agacés et ils repartent de l’avant sur une double réalisation de Porte bien aidé par son portier Gérard. La solidité défensive française est impressionnante alors que la Slovénie ne trouve pas de réelles solutions sur attaques placées. Ils se retrouvent logiquement à nouveau à quatre buts puis cinq derrière sous les coups de boutoirs d’Abalo ou Mahé. Le seul Dolenec trouve la faille à neuf mètres, mais son but est immédiatement suivi d’un tir au point d’engagement de Mahé qui termine sa course dans les filets d’un but déserté par Skok. N’Guessan imite son compère depuis son propre camp. La fin de mi-temps est marquée par un retour slovène à 15-12 sur un dernier jet de sept mètres de Dolenec.

Portée par un public bruyant, l’équipe de France a creusé l’écart rapidement, mais elle n’est pas encore à l’abri dans un match qui reste indécis. Le gros avantage sur la Slovénie reste le nombre de rotations importantes que les Experts ont pu faire contrairement aux blancs, ce qui pourrait faire une différence dans le money-time.
 

La défense est moins en vue

Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
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Grebenc relance bien les siens en trouvant une lucarne de loin et tout le banc slovène se lève pour pousser derrières les titulaires. Même si Porte se montre à la finition, l’attaque slovène trouve encore la solution de loin par Kavticnik. Qu’importe Remili signe un doublé puis Gérard détourne la tentative blanche du haut du crâne. Les bleus appuient de nouveau sur l’accélérateur avec aux manettes Nikola Karabatic, mais quelques imprécisions ne permettent pas de prendre le large. La Slovénie reste en vie avec les tirs de Grebenc qui, contrairement à la première mi-temps (0/3), a réglé la mire. Mais lorsque l’on a l’impression que la France est dans un temps faible, Karabatic trouve le moyen de casser la cage adverse pour faire exulter le public parisien. Et que dire de son compère au PSG Handball, Daniel Narcisse ? Rien si ce n’est que du haut de ses 37 ans, il arrive toujours à régaler avec son un-contre-un de légende.

Les cadres poussent les jeunes vers la victoire

Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
Les anciens à l’image d’un chabala de Karabatic ou les jeunes comme Remili continuent le récital offensif français et pour la première fois, l’écart se creuse durablement : 25-19 à la 46ème. Les Slovènes recollent légèrement sans pour autant faire douter les Experts qui s’appuient de nouveau sur un bon Gérard et des pétards de Remili pour garder un matelas confortable de cinq buts à l’entame des sept dernières minutes. L’entrée en jeu de Lesjak dans les buts blancs fait du bien aux visiteurs, mais seulement quelques minutes puisqu’il ne peut rien faire face aux parpaings de Remili. Le chassé-croisé se poursuit jusqu’à la fin devant un public en liesse. Les joueurs peuvent savourer les derniers instants et profiter des chants « On est en finale » poussés par la foule en délire pour conclure la rencontre sur le score de 31-25.

Nous devons saluer une nouvelle fois le coaching de Dinart et Gille, qui ont surpris le monde en alignant Vincent Gérard, certainement, car il connait bien quelques Slovènes (voir réactions d’après-match). Les rotations apportées aux Experts ont une nouvelle fois permises d’obtenir une équipe fraiche en fin de rencontre. De son côté, la Slovénie n’aura pas démérité même si elle n’a jamais semblé en mesure de faire douter la France et son public. Ce dernier aura porté son équipe durant toute la rencontre et se donne le droit de venir faire la fête dimanche dans une finale qui l’espérons se terminera de la meilleure des façons.
 

Statistiques du match

Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
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France : Gérard (0/1 - 16/39 arrêts), Omeyer (0/2 arrêts),  – Remili (6/10), Nyokas, Narcisse (4/8), N.Karabatic (3/7), Mahé (4/4), N’Guessan (2/5), Accambray, Abalo (2/3), Sorhaindo (1/2), Guigou (0/2), Fabregas (3/3), Di Panda (1/1), Porte (5/6), Mem

Slovénie : Skok (10/36 arrêts), Lesjak (2/7 arrêts) – Blagotinsek (1/2), Henigman, Marguc (3/4), Kavticnik (2/5), Janc (3/4), Dolenec (5/9), Cingesar (3/4), Poteko (0/1), Kodrin, Gaber (3/3), Bezjak (2/5), Grebenc (2/5), Zarabec (1/1), Mackovsek (0/4)

 

Focus sur Vincent Gérard et Nedim Remili

Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
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Vincent Gérard
Temps de jeu : 59’10 (29’50 en 1ère et 29’20 en 2nd)
Tirs subits (officiels) : 39
Arrêts réalisés (officiels) : 16
Pause boisson : 33
Pause serviette pour s’essuyer : 37
 

Nedim Remili
Temps de jeu : 28’21 (en 2nd)
Poste occupé : 100% arrière droit
Nombre de ballons touchés : 89
Tirs : 10
Buts : 6
 

Réactions d’après-match

Crédit Photo : Gustavo Bogota - Hand Planet
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Matej Gaber : Qu’as-tu pensé du niveau de la France ? Etait-ce trop difficile pour vous ce soir ?
« Oui, on a commis trop d’erreurs en attaque et quand tu joues la France, chaque erreur est un but derrière. Nous savons que nous devions commettre moins d’erreurs, mais cela n’a pas été le cas donc bravo à la France. »
Etes-vous tout de même heureux de jouer pour une médaille samedi ?
« Bien sûr. Nous devons gagner ce prochain match. On a deux jours pour récupérer et travailler pour aller chercher cette victoire au prochain match. »

Guillaume Gille : Vous avez tenté un gros coup niveau coaching en mettant Vincent Gérard d’entrée. Mise à part la grosse deuxième mi-temps à Lille, y avait-il d’autres raisons de le titulariser ?
« C’était un vrai choix. Ce choix est lié à la forme du moment. Il a fini en étant très fringant et en ayant fait le plein de confiance durant le dernier match. L’idée, c’était de le lancer dans le grand bain lors de cette demi-finale. Aujourd’hui quand on voit sa prestation, c’était un bon choix. De par ses parades, il a sapé le moral de l’adversaire et il nous a permis de marquer quelques buts sur montée de balle. Voir Vincent faire un match aussi plein, c’est génial. »
Le fait qu’il connaisse quelques Slovènes à Montpellier a-t-il pesé dans la balance ?
« Oui bien sûr même si Thierry les connait aussi très bien. Au-delà de la performance, j’ai envie de dire que ce qui est important, c’est que le poste fonctionne bien. Depuis le début de la compétition, Thierry et Vincent sont dans une très bonne relation et tous les deux nous permettent de nous retrouver là où l’on est. »

Michael Guigou : « On met beaucoup d’énergie que ce soit en défense ou en attaque avec cette règle à sept contre six, qui fatigue aussi. Depuis le début, les rotations nous aident énormément. On a pu avoir un peu plus de fraicheur contre la Suède, par exemple. Dans le dernier quart d’heure de la première, on a eu un passage délicat avec les exclusions et les rotations ont permis de rajouter de l’intensité de monter les balles et c’est tant mieux. On a besoin de tout le monde et pour l’instant, cela marche bien. »

Luc Abalo : Qu’as-tu pensé du match de ce soir ?
« C’est un match engagé, difficile. Le but était de prendre l’avantage dès le début du match et c’est ce qu’on a fait. Quel que soit l’adversaire de la finale, cela sera compliqué. Il faut se concentrer sur nous-même et prendre du plaisir. Jouer à domicile nous motive. Le public est génial, il nous pousse vers l’avant et nous envoie des ondes positives. »

Dika Mem : Même si tu n’as pas participé, comment vois-tu cela du banc ? Est-ce une grande fierté pour toi d’être en finale pour tes premiers mondiaux ?
 « Oui, c’est clair. Malgré le fait que je ne sois pas rentré, l’équipe est en finale et c’est le plus important. Pour moi, c’est mon premier mondial, j’ai 19 ans, le fait d’être ici, c’est déjà énorme pour moi et une belle fierté pour ma famille. »
Tu apprends au contact du groupe ? Tu emmagasines de la confiance, de l’expérience ?
« Oui, c’est clair, je progresse. J’ai qu’une hâte, c’est d’être dimanche, en finale, de la gagner. Après je retournerai en club pour continuer à travailler et essayer d’arriver au niveau des meilleurs, le plus rapidement possible. »

Valentin Porte : Es-tu heureux de cette belle victoire ?
« Heureux, le mot est faible, on est à une heure du titre. L’objectif est presque rempli, mais il reste un match. Emu de jouer devant cette salle mythique, remplie, de Bercy et surtout devant nos proches. Tout ceci est vraiment très beau. Il me tarde d’être à dimanche … »

Cédric Sorhaindo : « On a fait un très bon match. On a su profiter des échecs ou des failles qu'ont eues les Slovènes. C’était un bon match, ils nous ont posé beaucoup de soucis même si cela ne se voit pas au score. Aujourd’hui, on a su faire corps, on a eu une réaction d’équipe. Quand cela se finit par une belle victoire, on ne peut qu’être satisfait. »

Nedim Remili : Je voudrais parler de la première mi-temps. Sur chaque but, sur chaque arrêt, je t’ai vu te lever pour encourager l’équipe. Cet état d’esprit, cette détermination, est-ce cela qui fait la différence dans cette équipe ?
« Je suis désolé si je t’ai empêché de voir le match (rires). Encore une fois, on sait que pour aller chercher le sacre, il faut cela. Lors de la dernière compétition, nous (lui et quelques autres) on était jeune, on manquait d’expérience donc on n’a pas pu aider comme on voulait l’équipe. Je pense qu’on s’en est un peu mordu les doigts, donc on a travaillé de notre côté pour revenir plus fort en équipe de France. On avait à cœur de devenir grand, de rattraper les cadres, de suivre leurs chemins. Maintenant, on pourra dire qu’on a grandi lorsque l’on aura ramené cette médaille d’or. »
Juste un mot sur ce public encore une fois ?
« MERCI ! J’ai juste envie de dire merci aux personnes qui se sont déplacées, aux bénévoles, etc. Mais je ne vais pas les remercier tout de suite, on verra dimanche et j’espère que l’on pourra faire la fête tous ensemble. »

Timothey N’Guessan : « Je suis vraiment très content, c’est sûr. C’est vraiment génial, une ambiance de folie encore. Depuis le début, c’est comme ça, le public est avec nous, on prend beaucoup de plaisir sur le terrain ensemble donc c’est que du plaisir. La dernière finale qu’on a jouée, on l’a perdu, donc maintenant, on ne veut pas la même chose. On est très concentré, on est chez nous et comme depuis le début, on va tout donner pour gagner dimanche. Peu importe l’adversaire, depuis le début, on ne calcule pas. C’est une finale donc on sera à 1000%. »

Olivier Nyokas : Une première partie de l’objectif est atteinte pour vous ce soir ?
« Je suis heureux, on a réussi en deuxième mi-temps à se détacher un peu de cette équipe qui était accrocheuse. L’objectif était clair, c’était d’arriver à la finale, chose faite. Maintenant, il va falloir jouer cette finale. »

Ludovic Fabregas : « On a eu l’opportunité de creuser l’écart rapidement. On a fait une grosse entame de match, ce qui nous a permis d’avancer rapidement dans cette rencontre. Derrière on a su garder cette avance au score même si les Slovènes sont revenus, on était toujours devant ce qui nous a donné beaucoup de confiance. On a fait le match qui fallait, on s’est vraiment donné dans le secteur défensif et en attaque, on a été efficace aussi, car on passe encore la barre des 30 buts. La prestation est belle et c’est tant mieux pour nous. »
Après un match comme celui-là, on savoure ? On va peut-être boire une bière ?
« (Rires) Je ne sais pas, on n’a pas bu jusqu’à présent. On verra bien, mais c’est sûr que l’on va savourer un peu. On est certain d’avoir une médaille, mais il ne faut pas oublier qu’il reste l’or à aller chercher dimanche. »

Camille Lacourt (champion de natation et spectateur) : Un petit mot sur cette équipe de France ?
« C'est juste magique de réussir à arriver en finale chez eux, c'est génial. Je suis très content pour eux et je serais là dimanche pour les supporter. Je suis fan de hand et je ne voulais absolument pas rater l'événement. Je suis ravi d'être là. »
 

Virginie Cornet et Damien Polonais pour Hand Planet
 

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