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JS Cherbourg. L’entraîneur tire la sonnette d’alarme et en appelle au soutien de la mairie

Rédigé le Mercredi 13 Février 2019 à 17:23 | Lu 1161 fois



Nicolas Tricon, l'entraîneur de la JS Cherbourg. | ETIENNE PIGNOL
Nicolas Tricon, l'entraîneur de la JS Cherbourg. | ETIENNE PIGNOL
Alors que cela devait être une conférence de presse banale d’avant match, avant le déplacement vendredi à Dijon (20 h 30), le coach de la JS Cherbourg est monté au créneau, ce mercredi. Nicolas Tricon en appelle au soutien économique des collectivités, si celles-ci veulent continuer à voir prospérer leur club de handball au niveau professionnel.

Son avis sur la situation économique du club

« Il faut réinventer le modèle économique de la JS Cherbourg. Nous sommes l’avant-dernier club de Proligue au niveau des aides et des subventions. J’aimerais bien qu’on m’explique. Il n’y a pas d’autre club professionnel ici, en plus (NDLR : deux, en réalité, avec le club de basket de La Glacerie qui évolue en Ligue 2 féminine). Je crois que beaucoup d’entreprises sont pourtant prêtes à investir. Il faut juste qu’elles aient des garanties de la part des politiques.
A un moment donné, on me parle d’attractivité du territoire, mais le handball et la JS Cherbourg peut vraiment en faire partie. Je pense que le modèle avec lequel Cherbourg en est arrivé là est maintenant cuit. Ce n’est plus possible de fonctionner comme avant. Le club a une ambition, maintenant, il faut créer la vision.
Pour moi qui arrive de l’extérieur et qui suis la depuis six mois, je le dis, ici, il y a tout pour faire. Aujourd’hui, le budget est de 1,5 million d’euros. Il faut le doubler pour pouvoir continuer à évoluer dans le monde professionnel. Déjà, avec deux millions d'euros, on assurerait les playoffs. On pourrait se dire que, plutôt que d’être un club fragile de Proligue, nous sommes un club fragile de StarLigue qui alterne les saisons entre la D1 et la D2. »
Son attente auprès des politiques

« J’attends de la mairie qu’elle réponde aux vraies questions que le club pose. C’est-à-dire : est-ce que nous avons envie d’un club de haut niveau à Cherbourg ? Un club de haut niveau, ce n’est seulement des subventions. C’est aussi de l’encadrement, de l’accompagnement, une salle digne de ce nom.
J’ai bien compris la stratégie de sport de masse mais, aujourd’hui, on ne demande plus qu’une subvention de fonctionnement. Je sais qu’on a déjà plus de subventions que tous les autres. Je demande juste qu’elles augmentent un certain temps, à court terme, pour régresser ensuite au fur et à mesure que l’argent privé rentre. Ça peut-être une stratégie intelligente.

Avec les 300 000 € qui lui sont actuellement donnés par la Ville, le club arrive à fonctionner. Mais, après, il faut l’accompagner de manière différente, comme un vrai partenaire. Il faut inciter les gros donneurs d’ordre à venir. Pour moi, c’est un problème d’approche. Si tu n’as pas de volonté politique, pourquoi est-ce que les partenaires viendraient ou te donneraient plus ? »
Son analyse vis-à-vis des autres clubs

« On nous dit que la subvention n’augmentera pas parce que nous avons trop de partenaires (la JSC Cherbourg et le troisième club, StarLigue et Proligue réunis, à posséder le plus de partenaires en pourcentage de son budget), qui représentent 57 % du budget. Mais au niveau des subventions, c’est autre chose.

La moyenne des subventions publiques, en Proligue, est de 710 000 €. La JS Cherbourg n’en perçoit que 410 000 en comptant la Région, l’Agglo et la Ville. On me parle de playoffs, mais avant cela, il faut parler de masses salariales.

Quand tu as la dixième masse salariale du championnat, il ne faut pas rêver plus grand. La qualité des joueurs, ça se paye. Nous avons un bon rapport qualité prix des joueurs cette année. Mais pour jouer plus haut, il faut 300 000 € de plus pour avoir des handballeurs qui te stabilisent pour jouer le haut de tableau. »

Chantereyne, l’autre gros chantier

« Je trouve qu’une salle de centre-ville, c’est génial. Après, en termes de développement, je ne suis pas sûr que de mettre autant d’argent dans Chantereyne, plutôt que de construire une nouvelle salle, soit judicieux. À Rennes, ils ont investi 17 ou 18 millions pour une nouvelle salle, avec le terrain offert. Je ne vois pas trop comment tu veux développer quelque chose sans avoir un outil neuf.

Maintenant oui, si on me dit que l’on rafraîchit Chantereyne c’est déjà top. Ne serait-ce que refaire la lumière, mettre un chauffage, un sol digne de ce nom, des tribunes adaptées et un espace VIP avec de la restauration. Je pense que tu peux déjà fonctionner. Pour une nouvelle Arena, c’est sûr que c’est une belle idée. Pour moi, ce n’est pas une question de coût mais une question de volonté. On part dans un projet pour quasiment 50 ans, donc lorsque tu fais les comptes à la fin, tu t’aperçois que ce n’est pas hyper cher. »


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