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Des news de… Christophe Kempé !

Rédigé le Mercredi 12 Septembre 2018 à 23:00 | Lu 2082 fois


C’est dans sa région d’adoption, Toulouse, que Christophe Kempé a passé la majorité de sa carrière. Doublure de Didier Dinart et Bertrand Gille en équipe de France, le pivot a toujours su mesurer sa chance et assumer sa place de numéro 2. Retour sur une carrière tout aussi impressionnante qu’imprévue !


Des news de… Christophe Kempé !
 
  • Que fais-tu aujourd’hui ? Raconte nous ton parcours depuis ta retraite.
J’ai arrêté ma carrière il y a maintenant un peu plus de 8 ans en juin 2010.
J’ai d’abord travaillé 1 an pour le club de Toulouse.
Après je me suis malheureusement fait avoir par un escroc (il a été condamné aujourd’hui). J’étais directeur commercial pour une marque de vêtements, mais tout était fictif… cette histoire m’a fait perdre quelques mois dans mon après carrière.
Par la suite j’ai travaillé dans l’événementiel, la téléphonie et je suis revenu travailler pour le club de Toulouse en tant que commercial pour la recherche de sponsors.
Puis dans le nettoyage industriel, je m’occupais de chercher des entreprises en B to B pour leur proposer nos services de nettoyage.
Depuis janvier 2018 je suis développeur foncier pour la société Sporting Promotion. Je travaille avec Mickael MERZ, ancien joueur de handball qui est mon PDG. Je recherche des terrains pour y construire des résidences.
www.sporting-promotion.fr

 
  • La journée type de Christophe Kempé aujourd’hui ?
Levé 7h, j’emmène mes enfants à l’école, puis je travaille toute la journée jusqu’à 19/20h. Je suis donc à la recherche de nouveaux terrains sur Toulouse. Il faut s’y connaitre en urbanisme. Nous travaillons également avec des architectes pour la réalisation de résidences et de collectifs. Nous sommes sur Toulouse, Bordeaux…un peu partout. Principalement sur Toulouse…mais nous sommes amenés à nous développer un peu sur toute la France. Nous essayons de créer des logements avec une architecture un peu moderne, un peu différente pour accueillir l’afflux de gens qui viennent s’installer à Toulouse. Il y a aujourd’hui un besoin assez important dans ce secteur là. Il y a énormément de choses à faire !
 

 
  • Y a-t-il encore une place pour le handball dans ta vie ?
Nous avons monté une association avec les anciens de Toulouse : les Pinks Elephants. Je ne vais pas pouvoir tous les citer… il y a Fabien ARRIUBERGE, Christophe KABENGELE, Sébastien LARTIGUE, Mickael MERZ, Alexandre RENAUD, Stéphane CREPIN, Michelin CELESTIN, Kobé MYARO… Nous avons une page Facebook pour ceux qui souhaitent nous suivre !

Nous jouons des matchs amicaux contre des clubs de N2 ou N3 des alentours. La plupart d’entre nous, nous nous retrouvons déjà tous les mercredi soir pour faire du futsal…là c’était l’occasion de faire un peu de handball : juste pour le plaisir, sans contrainte, sans entraînement, sans déplacement. Hier soir nous avons gagné d’un but contre Roques sur Garonne. Nous ne comptons qu’une seule défaite contre l’équipe réserve de Toulouse…nous nous portons plutôt bien !

 
  • Et s’il n’y avait pas eu le handball ?
Aucune idée ! A 7ans je voulais être footballeur professionnel, c’était vraiment mon rêve de gamin…et le handball est venu complètement par hasard dans ma vie. C’est rigolo, mais c’était le seul sport que je n’aimais pas. J’ai pratiqué énormément de sports : volley, foot, tennis, natation, ping-pong… mais le seul que je n’aimais pas parce qu’on le perdait en interclasse c’était le handball !

En 3ème mes amis de classe m’ont proposé de venir essayer. J’ai refusé pendant 3 mois…et puis tout s’est enchaîné. Je n’ai même pas choisi mon poste. Le pivot ne venait jamais aux entrainements donc ils m’ont dit « tu joueras pivot ! ».
Faisant 1m89 à 14 ans, j’ai rapidement été repéré, notamment par un certain Patrice CANAYER. Il était CTR de la ligue PIFO à l’époque, avec laquelle j’ai fait les Championnats de France.

Et puis je me suis blessé : j’ai une buttée dans l’épaule gauche (3 luxations). Je n’étais pas censé pouvoir refaire du sport selon les médecins, même en loisir.
Patrice m’a rappelé 2 ans après. Il m’a proposé d’intégrer les espoirs du PSG-Asnières. Je me suis donc retrouvé en 1ère dans un sport-études à Montereau (77). Puis en terminale dans un lycée privé sur Paris. L’année d’après j’intégrais le bataillon de Joinville avec Sylvain NOUET et ma carrière était lancée. J’ai joué à Nimes, Toulouse, Irun et tout le reste de ma carrière à Toulouse. Ça a été un enchaînement.
Il y a eu des personnes importantes : Patrice CANAYER, Dominique VERNON, mon entraineur en espoirs au PSG ; Sylvain NOUET avec les France espoirs, et évidement Claude ONESTA avec Toulouse et l’équipe de France.

J’ai eu un parcours complètement atypique. Ça n’a pas été un choix de vie…ça a plus été un parcours de circonstances : beaucoup de travail, la chance de rencontrer les bonnes personnes au bon moment… Mais c’est vrai que je n’avais pas de plan de carrière. Pas comme peuvent l’avoir beaucoup d’ados aujourd’hui en rentrant en sport-études avec une voie toute tracée. Moi ça n’a pas été le cas. A la fin de ma carrière, je me suis un peu retrouvé à me demander ce que je voulais faire. J’avais l’opportunité de pouvoir rester dans le handball, mais j’avais réellement l’envie de découvrir autre chose, une autre facette de ma personnalité. J’avais envie aussi d’avoir une vie un peu plus posée auprès de ma femme et de mes enfants, de pouvoir être là les week-ends avec eux.

Même si le parcours a été compliqué, même parfois très difficile, aujourd’hui je suis épanoui dans ce que je fais, dans ma vie de famille, dans ma vie professionnelle donc ça reste le plus important.

 
  • Tu as pas mal été en « concurrence » avec Bertrand Gille et Didier Dinart au poste de pivot. Est-ce que c’était difficile à gérer ?
Non parce que c’était réellement une complicité. Avec Didier, j’étais moins en concurrence. J’étais un peu son autre moitié, qui s’occupait de l’attaque, parce que lui était principalement défenseur. A mon avis, c’est encore aujourd’hui, le plus grand défenseur de tous les temps. Je ne pense pas qu’on ai trouvé mieux !

Et Bertrand, c’est un ami, c’est quelqu’un avec qui nous avions réellement une grande complicité. Il n’y a pas d’amertume quand les choses sont dites à l’avance et surtout quand elles sont très claires. Je n’ai jamais imaginé une seule seconde que j’allais être plus fort que Bertrand GILLE. J’ai tout fait pour ne jamais baisser mon niveau, toujours tout donné à l’entrainement ou pendant les matchs, pour que la différence se voit le moins possible. Je ne voulais pas, au moment ou je rentrais sur le terrain, qu’il y ai vraiment une grosse différence. Evidement, je n’avais pas ses qualités, ni défensives, ni offensives. C’est un des plus grands pivots que la France ai jamais eu, voir le plus grand. Ça a toujours été un plaisir d’échanger, avec lui. Je connaissais mon rôle de remplaçant : le faire souffler une fois que le score était fait, être là pour les matchs moins importants, assumer le rôle et faire en sorte que le poste de pivot, que ça soit lui ou moi, soit tenu le mieux possible.

Même après, avec Cédric SORHAINDO, l’année des Championnats du Monde en Croatie, j’ai toujours accepté et connu mon rôle, tout fait pour le faire au mieux et surtout garder cette place de numéro 2.

En équipe de France, que ce soit dans le hand ou dans les autres sports, il y a beaucoup de joueurs qui prétendent…mais il y a peu d’élus. La sélection, la plupart du temps, c’est 2 par poste. Donc j’ai toujours essayé de faire en sorte d’être le plus efficace possible. Je devais être le meilleur coéquipier possible, pour que la personne avec qui je partageais le poste, soit dans les meilleures conditions pour jouer.
Ça n’a jamais été une difficulté pour moi d’accepter cette place de numéro 2. J’ai toujours été très heureux d’être sélectionné et de faire partie de cette équipe. J’ai toujours su la chance que j’ai eu de pouvoir vivre ça.

 
  • Ton meilleur souvenir ?
Clairement, en club c’est la Coupe de France 98. A ce jour, c’est encore le seul titre remporté par le club de Toulouse. Cette année là, nous avons battu Montpellier, le Champion de France en titre.

Avec l’équipe de France, c’est évidement les JO de Pékin. Une médaille olympique, c’est le rêve absolu pour tout sportif.

Au delà des titres, ce sont toutes les aventures humaines que j’ai pu vivre, que ça soit pendant mes années toulousaines, dans chaque club ou j’ai joué, ou avec l’équipe de France. J’ai eu la chance de jouer avec des monuments : Nikola KARABATIC, Michaël GUIGOU, Jackson RICHARDSON, Grégory ANQUETIL, Jérôme FERNANDEZ, Thierry OMEYER. Je pourrais tous les citer : Daniel NARCISSE, Luc ABALO… Nous avons eu une génération exceptionnelle. Les jeunes qui arrivent ont un talent fou également.
Nous venons de fêter les 10 ans du titre olympique. Quand je regarde en arrière, je suis fier du parcours que j’ai eu, et super heureux d’avoir eu la chance de vivre ce que j’ai vécu avec ces mecs là. De Claude ONESTA à tous les joueurs, j’ai eu la chance de côtoyer des mecs super donc je réalise la chance que j’ai pu avoir.
Je me suis donné les moyens pour pouvoir y arriver…mais la carrière que j’ai eu a été au delà de mes espérances.

 
  • Didier Dinart est à la tête de l’équipe de France aujourd’hui. Aurais-tu aimé être coaché par lui ?
Je pense que oui. Je pense que c’est quelqu’un qui est sûr de ses connaissances. Il a beaucoup travaillé. Je ne pense pas qu’il pouvait s’imaginer en étant exclusivement défenseur, arriver à un tel palmarès et une telle carrière. Il s’est vraiment donné les moyens d’arriver là où il est aujourd’hui. Donc oui je pense que ça aurait été agréable de travailler avec lui. Il connait très bien les rouages du niveau international et il est fin tacticien. Il y a une phrase qu’il a dite, qui résume assez bien sa carrière et sa manière de voir les choses : « on peut gagner des matchs avec une belle attaque, mais on gagne des titres avec une belle défense ». Ça montre bien à quel point la défense, notamment la défense de l’équipe de France est importante. Il faut dire aussi que nous avions un extraterrestre dans les buts pendant des années. Je pense que faire aussi bien ça sera compliqué, mais nous ne sommes pas dépourvu avec Vincent GERARD. Je pense que c’est ce qui a fait, depuis des années, le socle des victoires de l’équipe de France.

 
  • Où te vois-tu dans 10 ans ?
A Toulouse ! Toujours un peu ce que je fais aujourd’hui : c’est un métier qui me plait, c’est un métier passionnant. Aucun jour ne ressemble à la veille.
Et toujours le plus important, que ma famille ai la santé, que mes proches soient bien. Je me vois donc à Toulouse avec mes amis, ma famille et toujours heureux de profiter de la vie tous les jours.

 
  • Tu fais parti de l’association « Un maillot pour la vie », tu peux nous en dire quelques mots ?
C’est une association dont je fais partie depuis pas loin de 18 ans, depuis ses débuts en 2001. Elle est parrainée par Fabien PELOUS. Enormément de sportifs y contribuent en donnant leurs maillots. J’en ai donné plusieurs dont celui des JO de 2008. Ils sont vendus aux enchères pour récolter des fonds, utilisés pour réaliser les rêves d’enfants malades. Leurs rêves sont souvent liés au monde du sport : pouvoir assister à des matchs par exemple. Dernièrement ils sont allés à la Coupe du Monde en Russie.
C’est aussi aller au CHU de Purpan, à Toulouse, leur rendre visite. J’ai moins le temps aujourd’hui, mais à l’époque j’allais souvent participer au goûter : simplement essayer de leur donner un peu de joie de vivre et illuminer leur visage quand ils ont la chance de côtoyer des sportifs.
A Toulouse, nous avons la chance d’avoir énormément de sports de haut niveau : des footballeurs, des rugbymans, des handballeurs vont souvent les voir. J’ai eu l’occasion d’apporter mes médailles. Ce sont des petits moments qui, dans une vie souvent très pénible pour eux, permettent de leur apporter une petite parenthèse de bonheur. Pour nous c’est juste un peu de temps, pour eux ça compte énormément.
C’est une association qui fait beaucoup de bien et qui est importante pour énormément d’enfants.

 
  • Un dernier petit mot pour les lecteurs de HandPlanet ?
Continuez à suivre le hand ! Nous parlions beaucoup de l’équipe de France auparavant, nous continuons d’en parler et je ne pense pas que ça va s’arrêter !
Nous avons la chance aussi d’avoir un Championnat très relevé donc continuez à les suivre, à aller dans les salles pour voir la Lidl Star Ligue, la Pro Ligue et aussi tous les clubs.
Pour ceux qui ont des enfants : mettez les au handball, c’est un sport avec de belles valeurs, et qui je pense les gardera. Quels que soient les résultats personne n’a changé et c’est ça qui est important.


Un grand merci à Christophe Kempé pour sa gentillesse.



Fred M. et Laety K.
 

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