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De Pampelune à Cologne : Montpellier sur le toit de l'Europe, quinze ans après

Rédigé le Dimanche 27 Mai 2018 à 21:29 | Lu 1607 fois


Finale historique entre deux clubs français pour ce Final4 de l’EHF Champions League à Cologne. Montpellier a l’occasion de décrocher un nouveau titre, quinze ans après son premier sacre durant lequel Michaël Guigou et Patrice Canayer étaient déjà présents. De son côté, Nantes peut également écrire l’histoire en devenant le second club tricolore à ajouter son nom au palmarès de la prestigieuse coupe européenne.


Les gardiens déjà bien présents

Crédit Photo : Gustavo Bogota - HandPlanet
Crédit Photo : Gustavo Bogota - HandPlanet
Le match commence dans une grosse ambiance avec les deux virages qui se répondent coup pour coup dans la diagonale opposée. Sur le terrain, Nantes peut s’appuyer sur sa base arrière d’entrée de jeu avec Nyokas et Lagarde qui mitraillent de loin. De son côté, Montpellier est englué dans la défense nantaise qui ne laisse pas passer grand chose en début de match. Sur des exploits et des arrêts de Gérard, notamment sur Tournat par deux fois, Montpellier reste accroché derrière Nantes à 5-4. Ils égalisent ensuite sur le troisième but de Fabregas qui prend un ascendant sur un Dumoulin pourtant également bien dans sa partie. Mais que dire de son compère, Gérard qui multiplie les parades pour permettre aux blancs de se détacher à 7-10. 

Un match de guerrier

Crédit Photo : Gustavo Bogota - HandPlanet
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C’est de nouveau Gérard qui fait le show et explose en étoile pour détourner la contre-attaque de Balaguer. Malheureusement pour son équipe, Souissi manque deux occasions de faire pencher la balance encore plus fort. Nantes grignote grâce à Lazarov et Klein mais Simonet marque un but Ô combien important au bout d’un enchaînement d’actions offensives interminables pour la pauvre défense nantaise. La défense de Montpellier est elle aussi bien en place. Le H ne trouve des solutions que de loin avec des artilleurs en réussite. A cinq minutes de la pause, Nantes n’accuse que deux buts de retard : 11-13. Un écart qui sera presque identique à la mi-temps avec un score de 13-16 alors que les joueurs de Patrice Canayer sont plus en réussite que leurs adversaires. 

Coaching gagnant pour redémarrer

Crédit Photo : Gustavo Bogota - HandPlanet
Crédit Photo : Gustavo Bogota - HandPlanet
L'entrée en jeu d’Espen Lie Hansen fait du bien aux nantais puisqu’à lui tout seul, il ramène son équipe à égalité avec trois buts de rang. Alors que Portner détourne le second pénalty de la partie sur Lazarov, c’est ensuite Porte qui doit sortir sur un choc monstrueux avec son compère de l’équipe de France, Claire. Une sortie qui redonne un surplus de motivation à ses coéquipiers qui refont le trou à 18-21. Cela ne plait pas à Thierry Anti, qui pose logiquement un temps-mort, bien utilisé pour couper la dynamique adverse. Il faut noter que les gardiens sont également moins en vue dans ce second acte de la partie, qui voit les attaques prendre le dessus.

Une finale "presque" indécise jusqu'au bout

Crédit Photo : Gustavo Bogota - HandPlanet
Crédit Photo : Gustavo Bogota - HandPlanet
La parade de Dumoulin sur la contre-attaque de Simonet conserve un suspens entier dans cette partie où Nantes s’accroche et recolle à 23-24 à dix minutes du terme puis à égalité sur un nouveau sept mètres de Gurbindo. Une égalité bien trop courte pour le H qui voit les héraultais reprendre quatre longueurs d’avance à six minutes du dénouement. Un passage à vide qui coûte très cher avec cinq pertes de balles cruciales alors que Montpellier gère de la meilleure des façons ces moments importants. Le pénalty de Kavticnik fait exploser les supporters montpelliérains qui comprennent que le titre est tout proche. Trois minutes plus tard, Montpellier s’impose 32-27 face à une vaillante équipe de Nantes qui aura craqué dans le money-time d’un match si important pour les amoureux du beau jeu. 

Focus sur les pivots

Crédit Photo : Gustavo Bogota - HandPlanet
Crédit Photo : Gustavo Bogota - HandPlanet
Nicolas Tournat :
 
Temps de jeu : 35’12 (20’12 en première et 15’00 en seconde car changement attaque/défense)
Ballons joués sur engagement, reprise du jeu : 18
Ballons joués dans le jeu : 12
Tirs : 3
Buts : 0
Pénaltys provoqués : 3
2 minutes provoqués : 2
Faute offensive : 1
Interception : 1
 
Beaucoup moins en réussite que la veille, Tournat n’a pas réussi à gagner son duel contre Gérard. Il a manqué ses deux premiers tirs très rapidement dans la partie, ce qui a poussé son coach à le remplacer par Guillo. Il a tout de même pesé sur la défense montpelliéraine en permettant à ses arrières de shooter dans des positions préférentielles ou en gagnant des pénaltys. La défense a bien fermé sur lui dans le money-time pour l’empêcher d’attraper des ballons précieux.
 
Ludovic Fabregas :
 
Temps de jeu : 58’00 (30’00 en première et 28’00 en seconde)
Ballons joués sur engagement, reprise du jeu : 19
Ballons joués dans le jeu : 11
Tirs : 6
Buts : 6
Pénaltys provoqués : 1
2 minutes provoqués : 1
2 minutes : 1
 
Un match plein autant défensivement qu’offensivement pour Fabregas. Avec un 100% au tir à six réalisations, il a gagné son duel à distance avec son homologue nantais. Toujours actif dans la défense adverse, il a été un atout majeur dans la victoire du MHB. Sur le plan défensif, il s’est employé comme à son habitude pour stopper de manière parfois rugueuse ses adversaires. Il n’a pris qu’une seule sanction en arrachant Tournat en seconde période. 

Statistiques

Crédit Photo : Gustavo Bogota - HandPlanet
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Nantes : Dumoulin (6/33), Siffert (1/6) – Lagarde (2/4), Guillo, Nyokas (2/3), Claire (2/3), Klein (3/4), Pechmalbec, Tournat (0/3), Feliho, Emonet, Matulic, Lazarov (6/9), Gurbindo (4/4), Balaguer (4/8), Lie Hansen (4/5)
 
Montpellier : Gerard (12/36), Portner (2/5) – Simonet (6/7), Villeminot, Causse, Truchanovicius (1/4), Guigou (3/3), Richardson (4/5), Kavticnik (5/6), Bonnefond, Faustin (1/2), Fabregas (6/6), Porte (0/3), Bingo, Soussi (1/3), Mamdouh (5/5)

Réactions d'après-match

Crédit Photo : Gustavo Bogota - HandPlanet
Crédit Photo : Gustavo Bogota - HandPlanet
Rock Feliho : « En première mi-temps, on ne défendait pas mal mais ils marquent sur nos pertes de balle et sur les arrêts de Vincent. On a bien commencé la deuxième mi-temps. On est revenu dans le match à égalité et après on reperd des ballons et on prend un 4-0 alors qu’il reste cinq minutes et ça fait hyper mal. Dans ces moments-là, dans des finales, tu peux jouer moyennement mais quand tu as ta chance c’est à ce moment là qu’il faut la saisir mais on l’a pas fait malheureusement. Je ne sais pas si c’est peut-être l’expérience pour eux mais ils ont mieux joué que nous à certains moments un peu clé du match et ça nous a fait mal. Je n’ai pas d’explications, peut-être que physiquement on a été un peu moins bien mais c’est aussi vachement mental, dans ce genre de match car on était aussi à notre troisième match de la semaine. Ils ont été plus Clutch, je pense (ndlr : terme venant du basket indiquant tueur dans les moments importants). »
 
Thierry Anti : « On n’a pas vraiment contrôlé ce match, on a été un peu trop nerveux, je trouve. On a commencé le match en ratant des tirs tout fait donc ça a mis Montpellier en confiance et nous un peu dans le doute. On a fait un bel effort en corrigeant certaines choses pour revenir au score à égalité mais c’est le moment où on a eu de nouveau un temps faible. On a perdu des ballons, cela veut dire que l’on ne contrôlait pas le match aujourd’hui. Montpellier était devant et ils ont mérité leur victoire. On n’a pas été assez lucide, assez bon pour gagner ce match, il faut dire qu’on a fait la course derrière mais on perd des ballons. »
 
Mohamed Mamdouh : Félicitations Mohamed, penses-tu que l’engagement physique a fait la différence aujourd’hui ? Sur quoi cela s’est joué ?
« Dans une finale, la différence c’est le cœur. On l’a mérité, on a gagné contre Barcelone, on a battu Flensburg et le Vardar, qui était le tenant du titre. On a vraiment une super équipe. Il y a quelques jours, on a certainement perdu le championnat et pourtant on est venu ici et on a joué. Une équipe normale n’aurait pas pu le faire, on a vraiment une équipe avec une grosse mentalité. Bravo à tous les joueurs, au staff, à Patrice Canayer qui nous ont préparés mentalement et physiquement pour gagner ce titre. »
 
Ludovic Fabregas : « On est parti de tellement loin, des poules basses, des matchs de qualification pour arriver sur Barcelone en huitième. On arrive à se qualifier dans un contexte particulier, derrière on écrase Flensburg au match retour et on arrive au Final4 avec beaucoup d’envie. On s’offre une finale qui est indécise jusqu’à la 52ème et au moment où l’on passe à +4, on sent que le match ne peut plus nous échapper. On est tellement heureux, réécrire l’histoire du club de Montpellier c’est magnifique. »
 
Vincent Gérard : « Bravo à toute cette équipe, pour ces jours pour ces semaines de souffrance, de rire, de bonheur, de tristesse. On a appris, on a vu cette semaine que c’était terrible de perdre parce que ça pouvait nous faire mal et même nous toucher physiquement et là on intègre aussi que c’est génial de gagner et encore plus ce titre. On a essayé de faire preuve de courage, de maîtrise. On ne s'est pas affolé même quand ils sont revenus à égalité, ils ne sont jamais passés devant et on a réussi à refaire un écart conséquent pour s’éviter un money-time difficile. Je me souviens quand Michaël a gagné en 2003, je prenais mon train pour aller en sport étude et voilà. Là, c’est moi, c’est nous. Incroyable. »
 
Rémy Lévy (président du MHB) : « Bien évidemment en début de saison, on n’a pas dit on va gagner la Ligue des Champions mais on est monté en puissance. On a confiance en nos moyens, notre parcours l'a prouvé. On a sorti trois champions d’Europe, Barcelone, Flensburg et Skopje hier, il fallait avoir encore un peu d’énergie pour aller au bout ce soir. Je pense que l’on a joué très intelligemment. L’histoire est belle, on pourrait l’intituler de Pampelune à Cologne, quinze ans de permanence au plus haut niveau. On est revenu, la deuxième étoile est pour Montpellier. C’est une immense fierté mais je pense qu’on réalisera demain ce que l’on a fait aujourd’hui. Beaucoup d’émotions quand on sait d’où l’on revient. Cette équipe a vingt-quatre ans de moyenne d’âge, elle a un bel avenir. Elle dégage beaucoup dans le jeu mais au niveau humain aussi. Ce groupe ce soir, il est extraordinaire, on l’a vu se ressouder après Saint-Raphaël donc c’est une grande fierté de pouvoir travailler pour les mettre dans de bonnes conditions. »
 
 
Damien Polonais pour Hand Planet

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