Massy bat ESB M 28-25.
Besançon. On pourrait toujours parler du poids de l’histoire, de scénario qui se répètent. Mais on pourra aussi souligner que l’ESB M, au regard de ces considérations, était justement prévenue. A l’arrivée, cette défaite face à Massy, co-lanterne rouge, fait certes désordre. Mais que l’on ne s’y trompe pas, les hommes de Benjamin Braux n’ont nullement usurpé leur succès.
Parce que hier soir, quelle mouche (tsé-tsé) avait donc piqué les Bisontins ? En acceptant d’entrée de jeu l’offensive à outrance, on pouvait penser que face à une équipe joueuse comme l’ESB M, Massy tendait la joue pour se faire baffer. Impression confirmée en deux buts et trois mouvements par Pape Benga qui se faisait un plaisir, sur sa lancée personnelle de la semaine dernière, d’alimenter le bas de laine ententiste. Sauf qu’à tout bon début, il faut savoir continuer. Confirmer. Et surtout ne pas laisser les deux hommes du soir, Reault sur son aile gauche et Desgrolard, le chef d’orchestre, réciter leur partition. Laquelle semblait un peu bancale, mais surtout complètement déstabilisante pour les Bisontins. Demandez donc à Sylvain Rognon (gentiment « décapité » par Carnier) ce qu’il en pensait et vous comprendrez qu’hier soir, l’ESB M était loin de son assise habituelle. De la sérénité qui l’habite aussi lorsque Vizio donnait deux buts d’avance à ses couleurs (5-7, 14e). Parce que voilà, en plus de forcer les Bisontins à jouer toujours plus vite, toujours plus fort, donc de perdre peu à peu leur lucidité, les Franciliens défendaient, eux, comme des morts de faim. Surtout, ils jouaient le coup à merveille en usant à très bon escient des engagements rapides pour rester dans le match. Ou plus exactement pour continuer à mener les débats car si Chaippini, Clerc et surtout Thomas Wieczorek sur l’aile gauche trouvaient des solutions, Massy en trouvait de son côté toujours plus. Dans ces conditions, et malgré un dernier but de Wieczorek, le retour aux vestiaires avec un passif de deux unités était plutôt bien payé…
Le festival de poteaux
Dans le vestiaire, on imagine que Christophe Viennet ne parlait pas que du temps à ses troupes. Et que le discours avait un effet immédiat puisqu’en quatre petites minutes, Coppola, Chiappini, Scotto et Calandre avaient inversé la tendance. Comme dans le même temps, cap’taine Caron était prié de quitter ses coéquipiers pour sa troisième exclusion temporaire, l’hypothèse d’un nouveau départ était cette fois plausible. Sauf qu’au lieu d’un moteur diesel, long à se mettre en route mais fiable sur la longueur, Besançon était équipé d’un moteur à essence. Une mécanique qui cale par grand froid. Du mieux, on repassait rapidement au moins bien, surtout que Desgrolard, lui, poursuivait son festival pour instiller le doute dans la défense ententiste. Brice Rilos avait beau se démultiplier dans ses buts, sa défense était encore trop laxiste pour espérer revenir. Et puis comme de l’autre côté Calandre, Clerc et consorts touchaient plus de bois que les filets, la tension commençait à monter. Et les visages à sérieusement se crisper. Massy reprenait une fois encore les devants pour ne plus les quitter. L’ESB M s’inclinait pour la seconde fois de la saison sauf que cette fois, par rapport à Aix, la défaite était nettement moins glorieuse. Mais pas illogique…
Bertrand JOLIOT
L'Est Républicain