C’était juste… énorme. On venait à peine de passer le quart d’heure de jeu et l’ESB F se retrouvait aux commandes de la partie, laissant Metz cravacher à six longueurs derrière les Doubiennes (10-4, 16 e). Non, vous ne rêvez pas : Besançon donnait la leçon au champion en titre. Et à cet instant, il n’y avait pas grand-chose à dire si ce n’est que tout cela était parfaitement… normal. Oui, normal. Les rôles étaient peut-être inversés mais chacun les remplissait comme il se devait.
Metz, à l’image de Mendy n’évoluait pas avec son aisance habituelle mais plutôt dans un registre assez approximatif. Approximatif, parce que victime aussi de l’allant bisontin. D’une équipe qui avait, comme Julie Godel sur son aile droite (en décalage ou en contre) enfin laissé les complexes aux vestiaires. Bref, Metz était l’ombre de lui-même alors que Besançon retrouvait la lumière et des valeurs de combat que l’on ne lui avait plus vues depuis belle lurette. Appréciable.
Sauf que… Un petit grain de sable (chaud) allait totalement dérégler la belle mécanique comtoise. Avec l’exclusion temporaire de Boudan (17 e), l’ESB F allait perdre non seulement de sa superbe mais aussi ses repères et sa maîtrise. Et surtout se mettre à son tour à accumuler les erreurs grossières. Comme si cela ne suffisait pas, les Mosellanes mettaient de l’ordre dans leur jeu et voyaient Mendy et Prudhomme remettre leurs copines dans le droit chemin. Et comme Andryushina y mettait du sien, que Callavé se trouvait sur les trajectoires des ballons sans réussir à totalement les stopper, Metz déployait ses ailes, infligeait un 5-0 (10-2 en cumulé sur 13 minutes) qui allait se révéler rédhibitoire.
Le mercure baisse…
Visiblement dépassées par les événements, les Doubiennes ne trouvaient plus de solution face à un sept mosellan qui se mettait à carburer plein pot. Laura Glauser, dans son but, se rappelait aux bons souvenirs de ses anciennes coéquipières qui restaient impuissantes face à la déferlante mosellane. Csaki, sur son aile droite, signait le premier écart à deux chiffres de la soirée (29-19, 47 e), alors que Marion Limal, elle aussi heureuse de retrouver une salle qu’elle a bien connue, portait l’écart à son paroxysme (34-22, 52 e). Cette fois, la messe était dite, et bien dite. Et si Lévêque parvenait un tant soit peu à adoucir la note, celle-ci restait salée. Et sévère. Mais hier, Metz l’a joué à l’expérience. Un ingrédient que craignait Florence Sauval et qui manque encore cruellement dans les rangs bisontins. Pour longtemps ?
Metz bat ESB F 36-25.
Bertrand JOLIOT
EST REPUBLICAIN