« C’est presque irrationnel ». Ces mots, sortis de la bouche de Laurent Bezeau, l’entraîneur de l’Arvor 29 Pays de Brest, résument à la perfection le scénario qui s’est tenu samedi, sur le parquet du Palais des Sports de Toulon. Pour la reprise du championnat, les tenantes du titre varoises recevaient une formation bretonne qui, de l’avis de tous, promettait beaucoup au vue de la préparation. « Brest me fait un peu penser à nous la saison passée, confiait à ce sujet Thierry Vincent, coach des Toulonnaises, quelques heures avant ce premier duel de l’année. Une équipe qui a fait une saison très moyenne l’année d’avant. Et qui affiche ses ambitions avec un bon recrutement. Ca va, déjà, être un très gros test ». Le technicien ne croyait pas si bien dire.
Au lieu d’un test, la confrontation a tourné à la leçon. Même si ça n’est pas tant la défaite qui surprend, mais bien l’ampleur du score. « J’ai dit aux filles qu’on avait le droit de perdre des matchs, confiait, au terme des échanges, Vincent. Mais pas de cette manière là. Pas comme ça, pas sans âme, sans vie…. » La débâche toulonnaise paraît presque insensée. Inexplicable. Et pourtant. Hormis le manque d’orgueil et l’incapacité à se révolter collectivement, ce sont les innombrables échecs au tir et le manque de combativité défensive qui justifient, en partie, ce revers.
Bezeau : « Attention ! »
Des secteurs de jeu où Brest s’est montré beaucoup plus efficace. A l’image de Gladys Boudan, la capitaine bretonne, auteure de 8 réalisations sur dix tentatives, ou encore d’Alexandra Lacrabère et de Biljana Filipovic, précieuses sur la base arrière. « Même si on a senti, aujourd’hui, le poids du ballon en attaque, ce match, on le gagne en défense. » Alors que Toulon perd sans doute la partie peu avant le terme de la première période. Quand les championnes de France disposent d’une sixième balle d’égalisation qu’elles ne parviennent pas à mettre au fond. La seconde mi-temps prend des airs de naufrage. Et le retour dans les six mètres breton d’une Nicky Houba explosive n’arrangera en rien les affaires varoises.
Conviées à affronter les Havraises dimanche (17 heures), les championnes de France doivent impérativement réagir si elles ne veulent pas se retrouver dans une situation délicate. « Ce qui m’inquiète, c’est qu’on avait basé toute la préparation sur l’activité dans le jeu et le combat défensif et que là on prend quand même trente-six buts. Ce qui m’inquiète aussi, c’est le manque de révolte. Maintenant, le côté positif, si on veut, c’est que ça arrive très vite dans la saison ». Et que ça laisse le temps de rebondir…
Du côté breton, au delà de l’immense satisfaction d’avoir réalisé une telle performance, on veut rester prudent. « Il faut maintenant gérer « l’après ». C’est un très grand résultat, mais nous recevons Fleury vendredi, et je dis attention », conclut Laurent Bezeau. Gare, donc, à conserver la tête froide, et à confirmer, à l’occasion de la deuxième journée, les belles promesses formulées au bord de la Méditerranée.
LFH.