On peut dire que dans la famille Tétart le handball est une grande histoire d’amour. Actuellement coach de l’équipe masculine de Compiègne, qui évolue en Nationale 3, Jean-François Tétart travaille depuis le début de saison avec une recrue particulière, son fils de 27 ans, Thomas. Une aubaine pour l’entraîneur : « Je suis content qu’il soit avec nous car il apporte un plus à chaque match.
» Et, une nouvelle expérience pour le joueur : « C’est une relation de plaisir car nous avons la même vision du handball. »
Outre le lien familial, Thomas Tétart a été appelé par Compiègne avant tout pour son beau parcours handballistique, et son côté meneur. C’est à Cambronne-lès-Ribécourt qu’il a commencé en étant champion de France - 18 ans… et avec son père comme entraîneur. Déjà talentueux, Thomas intègre à 17 ans l’équipe seniors de Cambronne en Nationale 3, pendant trois ans, pour évoluer ensuite au Grand Lyon, en Nationale 1. « Ce fut du pur plaisir. J’ai côtoyé le haut niveau avec tout ce que ça implique : la rigueur et la concurrence. » Mais c’est dans la région troyenne qu’il trouve véritablement ses marques. Il intègre le club de l’Estac (regroupement de plusieurs clubs aux alentours de Troyes) en 2008, où il joue en N2, avec des rencontres inoubliables : Caroline Martin (sélectionneur de l’équipe de France féminine de hand pendant dix ans), Romain Garnier, Simon Mayayo, Jérôme Serqueira et Ludovic Debert. Il devient également, à cette époque, cadre technique fédéral.
Mais c’est sans aucun doute la passion qui guide ce handballeur endurci. « C’est une drogue dure! Toute ma vie est régie par ça. Je ne conçois pas le sport loisir, j’ai donc des exigences : investissement et dépassement de soi », avoue-t-il sans langue de bois. Un excès de passion et de rigueur qui se heurte quelquefois à une dure réalité de la Nationale 3. « Tout le monde ne vit pas le handball comme lui le vit, confesse Jean-François Tétart. Mais jamais il n’a pris ma place et grâce à lui l’équipe retrouve une cohésion. » Pourtant, ce niveau amateur possède une place de choix pour le club de Compiègne, qu’il ne faut pas négliger. Thomas Tétart, très franc, a son avis sur la question : « C’est une vitrine. Je trouve que les jeunes ne peuvent pas se représenter le haut niveau en Picardie. C’est pour cela que je m’implique dans le projet de Compiègne où il y a de bons dirigeants et bénévoles. »
Débordant d’idées et d’énergie, ce handballeur a toujours l’espoir d’atteindre le très haut niveau dans quelques années, mais cette fois, en tant qu’entraîneur. Une autre façon de transmettre son éternelle passion.
Le Parisien