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Regis Giunta | Une carrière dévouée à Dunkerque

Rédigé le Vendredi 12 Mai 2017 à 19:25 | Lu 4419 fois


Fidèle à Dunkerque pendant toute sa carrière , Régis Giunta a tout connu au club , des moments difficiles jusqu’à la consécration nationale en 2014.
Retour sur une riche et belle carrière dédiée au club phare du nord...


Bonjour Régis, depuis combien d‘années es-tu fidèle au club de Dunkerque ?
J’ai signé ma première licence au club de Dunkerque (à l’époque Amicale Laïque de Dunkerque Malo) en 1965. Mes premiers tirs de handballeur, je les ai pris dans la cour de l’école du Parc de la Marine sous la houlette d’un conseiller pédagogique en Education Physique : Jean Marie DECEUNINCK qui était venu me débaucher au foot, car mon premier sport a été le football à l’USLD (USD à l’époque).

Peux-tu nous parler de l’évolution du club sous la présidence de Monsieur Nicolas Bernard ?
Nicolas BERNARD, président de 1991 à 2010 a succédé à Jacques LOUAGE (1985-1991) qui avait succédé à Jean DEWERDT (1978-1985) et à Marcel BAJEMON le président fondateur. J’ai donc con nu et évolué à l’USDK sous la présidence de ces 5 personnages
Nicolas a été le premier président de l’ère moderne du handball, avec le passage au professionnalisme. Il a redonné au club le sens du collectif et de la formation qui s’étaient un peu étiolés au fils des ans. Il a connu le retour en Division 1, les premiers pas en coupe d’Europe, mais il n’a jamais vécu la consécration avec 2 finales de Coupe de France (1991, 2000), 1 finale de coupe de la Ligue (2002) et 1 finale de coupe d’Europe (Challenge Cup 2004) perdues ! J’ai bossé 20 ans avec lui, c’était un homme rigoureux et pointilleux qui ne laissait aucun détail de côté. Il a été à l’origine de la création de la Ligue Professionnelle qui a vu le jour à Dunkerque en 2004.

Qu’a-t-il manqué à Dunkerque dans les années 90 pour remporter un titre ?
Du professionnalisme. C’est un sujet dont parle très bien le coach Patrick CAZAL qui a connu la fin de ce cycle où la victoire finale et tout ce qu’il faut mettre en place pour y arriver n’était pas ancré dans tous les esprits.
 
Suite à la disparition de Monsieur Bernard, Jean Pierre Vandaele reprend le flambeau et le club remporte son premier trophée en 2011 quel a été le déclic qui a permis d’ouvrir le palmarès ?
C’est en relation avec ce que j’évoque plus haut : Jean Pierre est issu du milieu de l’entreprise et donc les mots « ambition », « se donner les moyens d’atteindre un objectif », « gagner » sont naturels pour lui et accompagnent constamment son action. Je me souviens de son arrivée et de nos premiers échanges : il m’a dit « j’ai de l’ambition pour ce club » … C’est facile à dire et pour beaucoup, cela participe du discours « politique ». Mais cet esprit de conquête, il l’a insufflé à toutes les strates du club, il a fait un choix sacrément culotté en nommant à la tête de l’équipe première Patrick CAZAL parce qu’il sentait en lui l’entraîneur capable de faire passer un cap aux joueurs et au club. Il a également fait passer le club d’un statut d’association type loi 1901 au statut d’entreprise (EUSRL) avant de lui faire franchir à court terme un autre palier en devenant S A. On peut dire que Jean-Pierre, qui comme Nicolas BERNARD est un humaniste, « a planté le drapeau sur le toit de la maison USDK ».

La devise de Dunkerque étant la formation des jeunes, pourquoi, à un moment donné ne pas avoir misé sur un ou deux très bons joueurs qui désiraient se relancer pour que le club puisse passer un cap ?
La formation n’est pas une qu’une devise pour l’USDK : c’est un devoir et une nécessité. L’USDK est encore cette saison le club qui a inscrit le plus de JFL (joueurs formés localement) et de jeunes du Centre de Formation sur ses feuilles de matchs. Pour autant la formation n’est pas une fin en soi : on ne gagne pas des titres avec une équipe de « juniors » (pour mémoire, les 4 équipes de Lidl Starligue sont celles qui utilisent le moins de JFL !). Il faut des cadres, de l’expérience, et la formation n’est efficace que si le club a les moyens de garder ses meilleurs talents très vite convoités par des clubs avec des moyens financiers supérieurs ou des projets sportifs plus intéressants.
En général, les meilleurs jeunes, s’ils sont aptes, jouent très vite avec les pros. À ce titre Florian BILLANT et Tom PELAYO en sont l’exemple concret pour cette saison au cours de laquelle ils n’ont pas seulement appris en Lidl Starligue : ils ont apporté leur compétence et leur fraîcheur.
 
Pourquoi cette saison est-elle difficile au niveau des résultats ?
C’est une fin de cycle. Même si on a perdu des cadres très importants, il faut se rappeler qu’en mars 2015, ce n’est pas si vieux, le 7 majeur qui a évolué face au PSG au match retour de Ligue des Champions était le suivant : Annotel, Butto, Nagy, Lamon, Soudry, Causse, Afgour et Grocaut en défenseur. À peu de chose près (le poste d’ailier droit avec Billant ou Joli), on a les mêmes joueurs… Mais ils ne forment plus la même équipe… Ce sens du collectif, qui a toujours été notre marque de fabrique, s’est étiolé et ça donne une saison où on est capable de battre Saint-Raphaël ou Chambéry et de perdre face à Saran… Il faut « ré-oxygéner » l’équipe.

L’an prochain commencera un nouveau cycle avec le départ de certains cadres et l’arrivée de nouveaux joueurs quels seront les objectifs pour la saison prochaine ?
Je laisserai Patrick CAZAL et le président répondre à cette question… Mais ça semble être le début d’un cycle qui peut nous donner à nouveau de belles satisfactions.

Selon toi, quel est le meilleur joueur qui a évolué à Dunkerque ?
Alors là, c’est compliqué ! Pour un merci, je vais avoir beaucoup de joueurs, et j’en ai entraîné plusieurs pendant mes 11 saisons à la tête de l’équipe première, qui vont me faire la gueule ! 
Il y a eu des joueurs d’exception avec chacun des qualités physiques, et/ou techniques et/ou intellectuelles et un charisme très au-dessus de la moyenne : à mon époque : André NITA premier grand arrière gauche de l’USDK, Philippe DEBUREAU, gaucher au bras foudroyant, David NEGUEDE, ailier gauche qui a été un précurseur du style ABALO : ces deux derniers ne dépareilleraient pas dans le hand moderne d’aujourd’hui.
Plus près de nous, Zoran TOMIC et Ragnar OSKARSSON demi-centres de génie, Dragan MLADENOVIC (le papa de Kristina) que j’avais débauché à l’Etoile Rouge de Belgrade même si notre relation s’est…tendue sur la fin.
Ceux de la « grande équipe » championne de France : Mohamed MOKRANI, Jalel TOUATI, Kornel NAGY, Bastien LAMON, Baptiste BUTTO, Guillaume JOLI, Pierre SOUDRY, Benjamin AFGOUR, Michaël GROCAUT… C’était une grande équipe sublimée par son sens du collectif. Vincent GERARD, qui lui est peut-être le seul à pouvoir revendiquer le titre de « star », car il en a les compétences sportives, l’intelligence et le charisme : c’est un vrai patron. Cette équipe-là m’a donné mes plus belles émotions en plus de 50 ans de carrière au club.
Mais si je devais n’en choisir qu’un seul, ce serait Bastien LAMON, tellement emblématique de ce qu’on veut montrer de notre club avec des valeurs de combativité, d’abnégation, d’intelligence, des qualités de lecture du jeu supérieures, mais aussi des attitudes défensives incroyables au point de faire don de son corps, tout le temps, et depuis maintenant 16 saisons… Je pense que c’est lui le meilleur joueur de l’USDK.
 
Aujourd’hui, le fossé se creuse avec le Paris SG, que manque-t-il à l’USDK pour reprendre sa place sur le podium ?
De réussir, dans un premier temps, l’amalgame avec le nouvel effectif. Patrick CAZAL croit en ce collectif et c’est un coach qui est une vraie valeur ajoutée pour augmenter les capacités des individus et les faire entrer dans le moule collectif. Le terrain a donc son mot à dire : mais pas que. Pour faire partie du Top 3, il faut des ambitions, des hommes, du travail et des moyens. Aujourd’hui, le PSG, NANTES et MONTPELLIER ont pris beaucoup d’avance. SAINT-RAPHAËL et CHAMBERY sont encore en ligne de mire. AIX et TOULOUSE poussent fort… Pour attirer les meilleurs joueurs, les meilleurs jeunes pour le centre de formation, il faut des moyens financiers, et un projet sportif motivant. Les joueurs veulent jouer la coupe d’Europe, évoluer dans des grandes salles, devant un très nombreux public de supporters. À moyen terme, il faudra donc évoluer dans un équipement à la hauteur de ces ambitions… Une salle de 5 à 6.000 places aux standards du spectacle sportif moderne, attractive pour le grand public et pouvant offrir aux entreprises le confort et les prestations les meilleures. Le Handball est le sport présentant le meilleur rapport qualité / prix, il gagne, il porte des valeurs fortes avec des acteurs cultivant l’humilité et la proximité, tout en obtenant des résultats exceptionnels.
Pour Dunkerque, le Hand est toujours pour moi le plus court chemin pour des titres et l’Europe ; nous l’avons toujours clamé, mais aussi prouvé dans un passé récent. Le président Jean-Pierre VANDAELE, le coach Patrick CAZAL et moi, bien sûr, y croyons fermement. Il faut parvenir à faire partager cette conviction au plus grand nombre et en particulier aux responsables des collectivités qui ont la clé pour l’équipement et aux entreprises du secteur privé. C’est tout le sens de notre engagement.


Chris Corion
Hand-Planet

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