A 20 ans vous vous disiez prêt à répondre à toutes les sollicitations. A 26, êtes-vous toujours dans les mêmes dispositions ?
Je trouve tout à fait normal d'être disponible pour les fans. Tu peux leur faire plaisir rien qu'avec un autographe ou une photo. Tu as aussi une valeur d'exemple. Il vaut mieux le faire avec plaisir. Et puis, ça me rappelle moi, étant plus jeune... Quant aux autres sollicitations, elles font partie intégrante du job. Je le vois comme ça. On ne peut pas se permettre de refuser les occasions même si c'est parfois difficile. Même si on préfère rester tranquille à la maison après un entraînement.
Vous aviez déjà vécu ça en Allemagne ?
Non, j'avais beaucoup moins de sollicitations. Le fait d'avoir accumulé les titres et le retour en France a décuplé les demandes.
Est-ce que l'on vous arrête dans la rue ?
C'est le cas à Montpellier, ça commence à l'être un peu partout en France. Tu te sens toujours observé, c'est un peu bizarre. Mais ce n'est rien par rapport à la Croatie. Cet été, ça a été ça puissance 100. C'était un truc de malade. Il y a des jours où je préférais carrément ne pas sortir.
Peut-on sortir indemne d'un tel engouement ?
Ca me gêne plus que ça ne me monte à la tête. Il faut relativiser et savoir que c'est lié au sport. Parfois, je ne comprends pas...
Avez-vous gardé le même entourage. Celui qui était là, avant la notoriété ?
J'ai toujours les mêmes deux meilleurs amis depuis l'âge de 8 ans. Les amis de collège et lycée moins parce que je suis parti très tôt. J'en revois certains depuis que je suis revenu à Montpellier.
Vous devez avoir bien évidement plus d'amis qu'avant...
Je suis toujours méfiant avec les gens qui attendent quelque chose de moi. Je fais attention aux gens, aux sollicitations. Sur Facebook, il y a une dizaine de personnes qui ont ouvert de faux comptes avec mon nom et ma photo.
Facebook justement !
J'ai 98000 fans et 20 à 30 demandes d'amitié par jour. Je reçois des quantités de messages qui vont de la déclaration d'amour aux menaces de mort. ça, c'était après le titre de champion du monde en Croatie.
Vous êtes entré cet été dans le Top 25 de l'Équipe des sportifs préférés des Français. Ca représente forcément quelque chose...
Oui, parce que ça a été fait l'été où il n'y a aucune compétition. C'était un peu le but de mon retour en France. C'est donc un bon encouragement pour ma démarche.
C'est tout de même le public qui choisit. Comme pour Jackson Richardson !
C'est le public qui choisit, mais il faut avoir envie de jouer le jeu. Certains
joueurs ne sont pas intéressés.
Est-ce que ça pose des problèmes vis-à-vis de vos coéquipiers en équipe de France ou à Montpellier ?
Ca me gêne, alors je fais attention de ne pas me mettre moi-même en avant. Je préfère qu'on vienne me chercher. Je ne veux pas forcer les choses et que les gens pensent que je fais ça par pur ego. Ce n'est pas un besoin vital et ce n'est de toute façon pas dans ma personnalité.
Vous avez été invité à rencontrer le Prince durant le week-end !
Je l'avais déjà rencontré l'année dernière à l'occasion du Sportel. C'est vrai que ce sont des choses qui surprennent, mais tu t'habitues petit à petit. Et ça fait plaisir de pouvoir rencontrer des personnalités en dehors de ton sport.
Vous n'avez pas la crainte de finir dans les pages « people » ?
Ca m'est arrivé en Croatie. Toutes les semaines, j'y étais ! En France, déjà, je fais attention à ce que je fais quand je sors et pour l'instant, c'est réservé
au foot...
L'actualité, c'est le Trophée des Champions, un sentiment ?
Je trouve ça bien. On n'a pas l'habitude de jouer dans un tel cadre ! Dommage que ce ne soit pas retransmis à la télé. Je crois que dans ce domaine, on a encore beaucoup à faire...