Après Grand Nancy ASPTT HB - Dijon (30-27).
Nancy. Des applaudissements nourris et des cris de joie accompagnent l’arrivée des joueurs dans le carré VIP des Nations. Les visages sont radieux. Celui de Philippe Fabris en tête : « Je suis content pour les joueurs et pour le staff. Il y a eu une prise de conscience après Billère. On n’était pas à notre place. On est en train de le prouver. En déployant du beau jeu ».
La satisfaction est à la hauteur de la performance du jour. En épinglant Dijon, les Nancéiens viennent de pêcher leur premier gros poisson. Et d’aligner un troisième succès d’affilée. En y ajoutant la manière. Une splendide éclaircie au beau milieu d’une saison très compliquée. Il n’en fallait pas plus pour reconquérir les Nations. « Malgré les vacances, le public est venu en nombre. Cela a coïncidé avec une belle rencontre. Les gens étaient contents. Ce qu’ils apprécient, c’est de voir une équipe conquérante, qui se bat et qui a envie », ajoute le président du GNAHB.
Une équipe qui va de l’avant et qui ne lâche rien selon l’expression consacrée. « C’est toute la différence avec les matches de la première partie de saison », constate Stéphane Chardon, « On a compris qu’il fallait jouer pour le collectif. Même quand ça va moins bien, on ne s’affole pas et on parvient à poser le jeu ». Tout le monde y trouve son compte. « Je leur ai dit de ne plus regarder le classement. Juste de prendre leur pied. Quand tu joues avec le sourire, ça change tout », embraye Philippe Fabris.
Cette volonté de partager avec les copains colle à merveille avec les principes de la défense étagée « 3-2-1 » mise en place depuis plusieurs semaines. « C’est une défense où on s’éclate, car on peut monter haut et être agressif sur l’attaquant. Mais il faut avoir confiance dans celui qui est derrière, car il y a une prise de risques. On bénéficie aussi des arrêts de Vincent. Il a fait des parades incroyables à six mètres. Je suis vraiment très agréablement surpris par ses performances. Après le match, je lui ai avoué qu’au début, je n’étais pas très serein quand il était dans la cage, mais que maintenant j’avais confiance en lui et qu’il ne fallait pas qu’il lâche », confie l’ailier nancéien que l’on a vu au four et au moulin avant hier face aux Bourguignons.
Faire souffler Henry et Jedrzejewski
Couvé du regard par son aîné qui n’a cessé de le conseiller et de l’encourager, le jeune portier a signé une performance qui valide le choix de Thierry Thoni de lui avoir maintenu sa confiance, alors que Nicolas Potteau était de nouveau apte au combat.
« Il venait de faire un bon match à Nanterre. C’était compliqué de l’enlever », explique l’entraîneur nancéien, content de voir que son équipe « trouve ses marques et maîtrise de mieux en mieux » son nouveau dispositif défensif. Reste maintenant à améliorer encore le turn-over pour que certains joueurs, comme Benoît Henry et Jacek Jedrzejewski qui ne soufflent quasiment pas, ne s’épuisent pas à la tâche.
Offensivement aussi, les Nancéiens semblent avoir franchi un cap. Confrontés à des équations très différentes ces trois dernières semaines, ils ont chaque fois trouvé les solutions pour percer les blindages adverses. Notamment grâce à une variété de combinaisons et à une circulation de balle très intéressantes. Le collectif primant sur l’individualisme et la confiance aidant, le GNAHB est ainsi parvenu à enfiler trente buts à une défense dijonnaise qui n’en laisse passer que 25 en moyenne depuis le début de saison. Un signe.
Il va maintenant falloir conserver cette dynamique, sachant qu’en matière de rythme, les semaines à venir vont relever du casse-tête. La Pro D2 aborde en effet une partie de calendrier tronçonnée dans tous les sens, avec trois coupures lors des deux prochains mois, dont une de trois semaines entre la réception de Semur le 31 mars et la réception de Mulhouse le 20 avril ! Du grand n’importe quoi.
Pour meubler le premier break, Thierry Thoni a prévu un match amical ce vendredi aux Nations face aux Luxembourgeois de Bascharage (l’équipe de Sandor Rac et de Chris Auger). « J’avais peur que le tempo retombe un peu », admet-il, tout en se montrant rassurant quant à l’avenir : « Avec ce qu’on a vécu, je pense que les joueurs ne vont plus lâcher prise ». Quand on a repris goût aux bonnes choses, il est plus difficile de s’en passer.
P.-H.W.
EST REPUBLICAIN