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Moi candidat

Rédigé le Jeudi 20 Avril 2017 à 18:38 | Lu 1102 fois



L'oeuvre du street-artist qui fait le buzz: EFIX
L'oeuvre du street-artist qui fait le buzz: EFIX
La chronique de Nicolas Cochery est de retour et si vous en voulez plus, on clique à droite, à gauche ou juste ici : nicolascochery.fr ;-)

Le mois d’Avril est celui du retour des BBQ, en particulier pour ceux qui ont la bonne idée de ne pas habiter dans les Ardennes, qu’elles soient belges ou françaises.
Une sixième étoile dans la besace, les longues soirées d’hiver ne seront bientôt qu’un lointain souvenir, et c’est souvent à cette période que les choses se jouent dans les salles de handball.
Et là les amis, vous allez être servis !
Après la lutte au couteau pour la troisième place et le maintien dans cette 21e journée de championnat, ce weekend va être placé sous le sceau de l’amitié franco-hongroise, en quart de finale de la Ligue des champions, dernière marche avant le graal, le final four de Cologne. Montpellier ira faire un peu de tourisme samedi du côté de Veszprem, une des places fortes européenne, tandis que dimanche, le PSG ira goûter le goulasch de Szeged, sur les bords de la Tisza. 
 

Pour peu que la bise arrête un peu de souffler sur les mornes plaines de la Brie, ce weekend du 22/23 devrait nous permettre de profiter d’un repos bien mérité, entre celui de Pâques et du 1er mai. Quelques passionnés zélés enquilleront peut-être 35 heures de bus pour aller supporter leur équipe à l’extérieur, mais la plupart d’entre nous s’installeront courageusement sur leur canap pour voir tout ça à la téloche.
 
 
@BrunoCampels
@BrunoCampels

Vous n’avez pas l’impression d’oublier un petit quelque chose ?
Allez, juste un dernier effort.
Votre devoir de citoyen, le premier tour des présidentielles !
 

En 2002, le pauvre Lionel Jospin a été privé de deuxième tour pour 100 000 voix. Une broutille si on additionne celles de Chevènement, Mamère et Taubira, qui en ont totalisé 3 600 000 à eux-trois. Largement de quoi jouer avec le feu et envoyer un célèbre borgne en finale. Sans parler des 11 millions qui ce jour-là, préférèrent les bords de Marne aux bureaux de vote.
 

En 2007 et en 2012, les choses furent plus limpides avec les finalistes que tout le monde attendait.
En ce 23 avril 2017, qui peut dire ce qui va bien pouvoir se passer ? Un remake pitoyable ayant été évité, les deux ex-locataires de l’Elysée attendront tranquillement de faire leur entrée dans les livres d’histoire, vivant chichement de leur modeste retraite. Après la victoire de Donald, puis les surprises des primaires made in France, après une campagne d’une dignité exemplaire, c’est peu de dire que ce premier tour s’annonce indécis. Certains analystes sérieux, après leurs bourdes précédentes se risquent encore à faire des pronostics, mais les autres se méfient. Chaque bulletin comptera, et nul ne sait quels seront les deux qualifiés dimanche à 20H00. Ni même si cette fois, les instituts de sondage seront en mesure de le faire avant tard dans la nuit.
 

On ne sait pas si Montpellier sera rentré de Hongrie, mais on est sûr que les parisiens ne le seront pas, à moins qu’ils reviennent en fusée Ariane.
Si on compte les staffs, les journalistes, les supporters et les pique-assiettes, ça fait du monde sur le pont, et je ne suis pas persuadé qu’ils aient tous pensé à la procuration.
Et si ça faisait basculer le résultat ?
Jouer à la balle est une chose, qu’on fait plutôt bien en France avec les mains depuis quelques années, se sentir impliqué dans la vie politique de son pays en est une autre.
Mais comme le disait Cahuzac, j’ai confiance dans la justice de mon pays. Et tous ces grands joueurs pourraient payer leur légèreté plus chèrement qu’ils ne le croient.
 
Moi candidat

Marine Le Pen Présidente, le paysage du championnat serait profondément bouleversé puisque les joueurs étrangers seraient gentiment priés de rentrer chez eux, faire la même chose qu’en France, mais là-bas. Une Marseillaise avant chaque match, à la mi-temps et à la fin, il apparait également nécessaire d’armer les arbitres d’autre chose qu’un pauvre carton et un sifflet ridicule. Portner, Dolenec, Simonet, Kavticnik, Toumi, Truchanovicius, Zvizej, Gensheimer, Hansen, Molgaard, Nielsen, Skof et Stephancic pourraient d’ailleurs avoir l’élégance de repartir directement de l’aéroport de Budapest dans leur pays, sans repasser par la case tricolore.
 

Si c’est Jean-Luc Mélanchon, le problème ne sera pas sur le passeport, mais dans le portefeuille. Sans amasser ce que gagnent leurs collègues footballeurs, nos champions ne sont pas des smicards, en particulier ceux dont on parle. Booster le salaire minimum ne les impacterait pas tant que ça, par contre, doubler ou tripler les impôts sur les gros salaires le ferait. La Lidl Star Ligue risquerait de devenir moins attractive, et vivrait une émigration massive, vers des championnats belge, suisse ou luxembourgeois qui deviendraient les plus forts du monde, avec celui des Iles Caïmans. Une aubaine pour les joueurs français qui de ce fait, trouveraient leur place sur le terrain, à moins qu’après le plombier polonais, on assiste à une invasion de handballeurs ouzbeks.
 

Avec François Fillon, tout ce petit monde pourrait rentrer sans crainte au bercail, le problème serait plutôt dans la consanguinité de notre championnat. Imaginez un club où l’entraîneur ne recruterait que des joueurs de sa famille. Femme, enfants, neveux, cousins, rien d’illégal dans le fait de donner un salaire à toute cette jeunesse, et si possible assez décent pour pouvoir vivre sans trop  se priver. De toute façon, on a tellement de filles et de « fils de » qui arrivent au plus haut niveau, que ça ne ferait que clarifier une situation parfois hypocrite. Et tant qu’à faire, on pourrait trouver, en toute légalité là-aussi, des petits boulots pour toute la famille, même éloignée, de chargé de com à manager, en passant par kiné et stadier. Le tableau serait parfait si dans les tribunes, seuls les proches venaient assister aux rencontres, un peu comme dans les meetings ou les réunions de famille chez l’oncle bourguignon.
 

C’est paradoxalement avec Emmanuel Macron que les choses risqueraient d’être le plus bouleversées. Un vrai coup de pied dans la fourmilière, une véritable claque antisystème. Le handball redeviendrait enfin ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être, un véritable ascenseur social. Plus besoin de sortir d’une sélection de Ligue, d’un pôle ou de la cuisse de Jupiter pour aspirer au parcours d’excellence sportive, n’importe qui pourrait devenir handballeur professionnel, à condition de le vouloir. Et surtout, les postes seraient abolis, il n’y aurait plus d’arrières, ni d’ailiers,  gauches ou droits, tout le monde pourrait jouer au centre, et en marchant. C’est vrai qu’il y en a marre de ces joueurs qui vont trop vite. 
 

On fera l’économie des sept autres candidats, non par suffisance, mais juste parce que leur chance de passer le premier tour est aussi grande que celle de voir la paix régner dans le monde.
 
Depuis trois présidentielles, je dois vous avouer que j’ai souvent fait l’école buissonnière au moment de remplir mon devoir citoyen. Je pense ne pas être le seul à former ce qu’on appelle le plus grand parti de France, mais cette fois- ci, on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.
 


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