« Cette victoire nous fait du bien, car cela faisait cinq semaines que nous courrions après. Cela permet de se motiver, car on s'était laissé un peu aller », appréciait, les yeux pétillants, la gardienne aunisienne Gabriela Nicoara au sortir des vestiaires. Soulagées les Maritimes ? Bien sûr, même si « tout n'a pas été parfait », comme le soulignait fort justement le coach Laurent Grammont. Cette victoire tant espérée par les deux adversaires a finalement souri à l'équipe la plus constante sur l'ensemble des débats. Aunis a su tuer le match au bon moment, en retrouvant sa marque de fabrique face à une formation nantaise qui dispose pourtant de la deuxième meilleure défense de la poule. Sauf que face à la meilleure attaque, les visiteuses ont marqué le pas.
Matelas suffisant
« Les montées de balles, le jeu en transition et la relation avec le pivot, voilà ce à quoi l'on s'attendait, fulminait l'entraîneur nantais Steeve Berger. On a été incapable de résoudre l'équation locale. Pourtant, durant les 20 premières minutes, on a respecté le projet de jeu. Mais ensuite, on n'était plus dedans alors que l'on avait le match en main (3-5 et 8-10)... Un trou terrible lors des dix dernières minutes de la première mi-temps qui nous a fait très mal. » Aunis avait toutefois déclenché les hostilités en premier, grâce à un 4-1... avant de passer la deuxième couche avec un nouveau 4-1 (18-13) juste avant les agrumes.
Vingt minutes, c'est exactement le temps qu'il avait fallu à Marie Traineau pour remettre les pendules à l'heure, en dépit du forfait de Charlotte Lens (doigt fracturé), obligeant du même coup Stéphanie Bremaud à jouer en dépit d'un mollet en compote. Aunis qui, d'ordinaire, prend une quarantaine de perles, avait mis les barbelés en défense permettant tour à tour à Traineau et Nicoara de faire le job dans les bois. Il restait alors à Nunes la possibilité de faire le plein d'occasions, quand Rête est allée offrir son corps à la science adverse... Bref, rien ne pouvait endiguer la détermination locale, d'autant que Cosson était redevenue une vraie gauchère et que Pfaadt trouvait les espaces, après avoir visé les alouettes à chaque changement de terrain.
Comme Aunis en remettait une couche après le repos (22-16, 34e), le ballet des exclusions pouvait débuter. Car Nantes n'appréciait pas de se faire transpercer, tandis que les Aunisiennes refusaient de tendre la joue. On a donc chauffé le banc des deux côtés. Les Maritimes restaient dans le coup jusqu'à la fin, si bien que ce 3-1 nantais (30-24, 52e), en fin de match, n'était qu'anecdotique au regard du matelas qu'avaient su constituer les partenaires de Chadelia Klabouti. Idem pour cet ultime 4-1 des visiteuses (35-31, 58e), qui ne leur a rien octroyé de plus que l'avantage du goal-average particulier sur l'ensemble des deux rencontres.
Auteur : Daniel Mocoeur