Le championnat d’Europe, un gros événement pour Canal+ ? – Oui évidemment. Si l’équipe de France fait aussi bien qu’au mondial 2011, on peut espérer dépasser les audiences, que nous avions réalisées. Soit 6 à 700 000 spectateurs en moyenne sur Canal + sport pendant le tournoi. Et deux millions pour la finale, alors même qu’elle était codiffusée par France Télévisions.
Pourquoi avoir attendu 2011 pour s’intéresser au championnat ? – D’abord parce que les droits n’étaient pas disponibles (ils appartenaient à Orange Sports, ndlr.). Ensuite, parce qu’il y a clairement une différence de notoriété entre l’équipe de France et les clubs. Nous avons hésité, je ne vous le cache pas. Mais, bon, je suis allé au championnat du monde, j’ai discuté avec les joueurs, et je me suis rendu compte que beaucoup avaient le souhait de revenir en France. Ca a été le cas cette année avec Jérôme Fernandez (capitaine des Bleus, revenu à Toulouse, son club formateur, ndlr.), ça devrait l’être à terme avec le gardien Thierry Omeyer. Plus globalement, j’ai senti une grosse motivation pour que le championnat soit mieux exposé.
Un million d’euros par an, l’investissement est abordable pour la chaîne. On est très loin de ce que vous mettez dans le football ou même le rugby… – Oui, mais notre offre ne se limite pas à une question pécuniaire. Canal, c’est aussi la possibilité de faire exister un sport tout au long de l’année sur une chaîne qui compte plus de 5 millions d’abonnés. Nous lui consacrons une soirée entière le jeudi sur Canal + sport, avec une grande affiche et une émission de types “Les Spécialistes” qui fait le point sur l’ensemble des matchs du jour.
Jouer le jeudi soir, ce n’était pas vraiment l’habitude des handballeurs… – C’est vrai que les clubs ont dû s’adapter. Mais, objectivement, il n’était pas question d’avoir des matchs le week-end en concurrence avec le foot ou le rugby. Par bonheur, à la tête de la Ligue nationale de handball, on a affaire à des gens raisonnables qui ont bien compris qu’il fallait travailler au développement à long terme du hand, et non à sa rentabilité immédiate.
Ça marche ? – Ça marche bien, mieux que nous ne le pensions. On est actuellement à 150000 téléspectateurs en moyenne, 250000 sur les grandes affiches. Et j’espère que ça marchera encore mieux en deuxième partie de saison, avec le coup de projecteur apporté par cet Euro.
Propos recueillis par Gurvan Le Guellec
Le Nouvel obs