Karabatic : "Hisser le MAHB au plus haut niveau"
INTERVIEW - Nikola KARABATIC revient sur son retour au MAHB
De retour en France, Nikola Karabatic espère faire de Montpellier une machine à succès.
«Je voulais quitter Kiel ». C’est chose faite pour Karabatic. En conférence de presse jeudi au show-room Asics, nouvel équipementier du club héraultais, le demi-centre en a profité pour déclarer ses ambitions : « hisser Montpellier au plus haut niveau », qui « veut s’affirmer comme un grand d’Europe ». Son but ? « Réussir avec un club français ».
Nikola Karabatic, comment s’est passé votre retour à Montpellier, votre club formateur ?
Mes retrouvailles avec le MAHB se sont très bien passées. Dans une semaine aura lieu le premier match de la saison face à Créteil. C’est là que je prendrais vraiment conscience de toute l’effervescence qu’à pu engendrer mon retour à Montpellier.
Avez-vous observé des changements au club depuis votre départ en 2005 ?
Montpellier est une ville sportive. A partir de là, les gens se tiennent au courant des événements sportifs et s'y intéressent. Déjà par le passé, ils me reconnaissaient dans la rue. Quand on sort boire un verre ou au restaurant, ils m'abordent chaleureusement et me demandent un autographe, de poser pour une photo… Depuis mon retour en France, il est vrai que la demande des médias est un peu plus intense. Je crois que c'est le principal changement.
Qu'est-ce qui a motivé votre retour à Montpellier ?
Je voulais quitter Kiel. Il a alors fallu choisir un point de chute. Mon cœur balançait entre Barcelone et le MAHB, mais j'ai finalement décidé de rejoindre mon club formateur. Le projet sportif de M. Moulines et Patrice Canayer (ndlr: respectivement président du club et entraîneur de l'équipe première) m'ont séduit: hisser Montpellier au plus haut niveau, national et international. L'envie qu'on montré le club et la région héraultaise pour me recruter m'a également convaincu, car le transfert a été difficile. Kiel ne voulait pas me libérer. Le MAHB a tout fait pour me mettre dans de bonnes dispositions. Montpellier renouvelle actuellement ses installations pour être digne d'un club de haut niveau. Disputer la Ligue des Champions a aussi été essentielle dans mon choix. Il y a eu également une part d'affectif dans celui-ci car j'avais envie de rendre à Montpellier, où j'ai effectué mes premiers pas en professionnel, la marque de respect que ce club m'a accordé. Puis je retrouve mon père Branko, entraîneur des gardiens et Luka, mon frère, qui évolue dans le groupe. J'ai vraiment envie de réussir au plus haut niveau avec un club français.
Qu'ambitionne le MAHB cette saison ?
Montpellier veut s'affirmer comme un grand d'Europe. Pour se faire, le club a pour objectif cette année de remporter au niveau national le Championnat, la coupe de France et la coupe de la Ligue. Atteindre le Final Four de Cologne en Ligue des Champions serait vraiment super. Si le groupe est épargné par les blessures, si on est chanceux au tirage des groupes et si les arbitres font preuve de clémence, remporter cette compétition peut être réalisable. Mais ça fait beaucoup de si…
Comment avez-vous senti l'équipe durant les matches de préparation ?
C'était vraiment bien. On a enchaîné comme il fallait phases d'entraînement et matches de préparation. L'équipe était super motivée et a montré beaucoup d'envie. En match, cela se voit que le groupe vit bien ensemble, même s'il faut laisser aux nouveaux joueurs le temps de s'adapter à un nouvel environnement et de s'intégrer au groupe. On s'est très bien comporté au cours de cette préparation estivale. Maintenant, le but est de rééditer ces bonnes performances en rencontres officielles et surtout en Ligue des Champions, qui est une des priorités du club. A part ça, je suis très content et très satisfait, car il y a une bonne complémentarité entre anciens et plus jeunes.
"Faire du MAHB un club international"
Avec son palmarès impressionnant (vingt-six titres majeurs), n'avez-vous pas l'impression qu'il y ait en France, Montpellier et les autres ?
En France, il est certain que Montpellier est en avance par rapport à la concurrence. Il n'y a qu'à regarder le recrutement effectué par le club pour s'en apercevoir. Le MAHB s'est donné les moyens de mener à bien son objectif: construire une équipe capable de rivaliser avec les plus grands ténors de l'Europe. Le défi n'est pas des plus simples, mais je suis convaincu qu'on peut le relever.
En signant à Montpellier, votre objectif était-il entre autres de transmettre votre expérience aux plus jeunes ?
Ce n'était pas écrit sur le contrat, mais c'est tout comme. En Allemagne, j'ai énormément appris au contact de grands joueurs et d'un coach très intelligeant. Évoluer en Bundesliga m'a permis de progresser individuellement mais aussi tactiquement. Comment se comporter au niveau d'une équipe, comment la diriger, quel état d'esprit lui insuffler… c'est à Kiel que j'ai pu trouver une réponse à chacune de ces questions. Le groupe compte beaucoup de jeunes pros qui ont un potentiel énorme. Leur transmettre mon expérience s'inscrit dans la logique du club.
Y-a-t-il beaucoup de différence entre l'état d'esprit allemand et celui montpelliérain ?
Kiel a une philosophie différente du MAHB. Là-bas, les jeunes joueurs n'ont pas leur place, car le club veut rapidement des résultats. Il ne met pas en pratique le système de formation comme il peut y avoir à Montpellier. C'est complètement différent de ce que fait le président Molines. Kiel a des moyens économiques plus importants puisque outre le sponsoring, le club arrive à 'remplir ses caisses' via un système d'abonnement des supporters. Il peut ainsi se permettre de recruter les meilleurs joueurs. Mais je dois reconnaître que la méthode adoptée par les dirigeants montpelliérains est à la base plus conforme à un club. Il y a un centre de formation, qui est source de richesse pour l'équipe première. De plus, les infrastructures sont davantage professionnelles. A Kiel, on partageait la salle d'entraînement avec une école. Jugez par vous-même l'écart avec Montpellier…
Il ne manque plus qu'une plus large retransmission télé ?
(Sourires). Pour le moment, les rencontres sont diffusés sur une chaîne du câble satellite. Mais il est vrai que ça manque un peu de France 2/France 3 ou de TF1. Toutefois, il faudrait déjà que les retransmissions puissent se faire avec l'équipe de France avant d'envisager, pourquoi pas, une diffusion du Championnat de France.
En s'attachant les services de Nikola Karabatic, Montpellier n'a pas uniquement recruté ses compétences sportives…
C'est clair. A Montpellier, mon image et celle du club seront plus en vue. Je serais plus disponible pour les médias. Une telle mise en avant ne peut être que bénéfique. Elle aidera à faire grandir le handball en France et faire du MAHB un club international.
Avec votre palmarès impressionnant (champion d'Europe 2006, médaillé d'or aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008, champion du monde 2009) et votre statut de meilleur joueur du monde, serez-vous attendu au tournant sur les terrains français ?
Oui, c'est sûr. Je sais à quoi m'attendre. Déjà par le passé, les adversaires ne me réservaient aucun traitement de faveur. Depuis mon passage en Allemagne, je serais encore plus attendu. Eux (les adversaires) voudront me montrer qu'ils sont meilleurs. C'est à moi d'élever mon niveau de jeu.
L’Euro approche à grand pas…
C’est dans quelques mois. Mais pour le moment, je n’y pense pas. Je veux d’abord rester concentrer sur le début de Championnat avec Montpellier puis sur les matches de Ligue des Champions avant de me concentrer sur ce grand rendez-vous. Concernant l’équipe de France, je pense déjà à la rencontre en Serbie (ndlr : le 29 octobre), qui aura lieu à Nis, la ville où je suis né. Mais dans ma tête, l’Euro est encore loin.
Source : FRANCE 3
Propos recueillis par Rayan OUAMARA
Vendredi 4 Septembre 2009
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