Lanterne rouge avec cinq points de retard sur le premier non relégable, Nanterre disputera, demain (20h45, gymnase du Mont-Valérien), un match capital contre Nancy. Le directeur sportif Shems El-Khalfaoui (33 ans), qui a repris les rênes de l’équipe le 2 janvier en remplacement de Denis Tristant, croit encore au maintien, même si la situation sportive et financière reste très précaire.
Le maintien est-il encore possible?
SHEMS EL-KHALFAOUI. Oui, même si la situation est critique. Il faut bien reconnaître que nous sommes plus proches de la descente que du maintien, mais je ne suis pas du genre à baisser les bras. On jouera les matchs à fond jusqu’à la dernière journée.
Comment le club en est arrivé là?
Le groupe s’est laissé griser par le bon début de saison (2 V, 1 N, 2 D). Mais ces bons résultats étaient un trompe-l’œil. Après le nul contre Aix (31-31, le 7 octobre), tout le monde pensait qu’on allait se qualifier pour les playoffs en terminant parmi les cinq premiers. Une nonchalance s’est installée aux entraînements. Les joueurs l’ont eux-mêmes confirmé. L’ancien entraîneur Denis Tristant n’aimait pas spécialement le conflit et il a été trop gentil avec eux.
Vous avez la 3e attaque, mais la plus mauvaise défense. Comment l’expliquez-vous?
On n’a pas assez travaillé le secteur défensif au début de saison. On a pris plus de 30 buts à chaque match et mes deux gardiens, qui ont un niveau moyen, ont été fragilisés psychologiquement. Ils ont souvent été livrés à eux-mêmes. Sur certains matchs, c’était même du tir aux pigeons.
Vous avez remplacé Denis Tristant le 2 janvier. Qu’avez-vous essayé de mettre en place?
J’ai récupéré un groupe touché mentalement et dans un mauvais état physique. Il n’y a pas de secret quand on est mal : il faut travailler. J’ai un mode de fonctionnement plus autoritaire. Il faut avoir des combattants. Les joueurs sont enfin responsables. Ils ont pris conscience de la situation. J’ai réussi à relancer l’arrière droit Hatem Haraket, qui était l’une de nos meilleures gâchettes la saison passée.
Est-ce viable dans une ville comme Nanterre d’avoir un club de handball en 2e Division lorsqu’on en a déjà un autre de basket au sein de l’élite?
Avec la crise, Nanterre n’a pas les moyens d’avoir deux équipes au plus haut niveau. Malgré l’aide de la ville (400000 €), notre budget est l’un des deux plus petits de la division (800000 €). Même si on se maintient, je ne suis pas sûr que l’on reparte en Pro D2 la saison prochaine. L’idéal serait donc de s’entendre avec un autre club francilien évoluant en D1. Si une opportunité fiable s’offre à nous, on la saisira.
Le Parisien
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