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Alexandre Aguilar : « Je ne suis pas le chef »

Rédigé le Jeudi 3 Août 2017 à 16:41 | Lu 1327 fois



Florian Dessertenne blessé puis parti, le Caen Handball devait se trouver un nouveau capitaine pour la saison à venir. Le rôle a été confié au pivot Alexandre Aguilar, une des satisfactions de la saison écoulée, pour qui cette responsabilité sera une grande première.


Vous voilà entrés de plein pied dans la préparation d'avant-saison. Quels sont les premiers enseignements ?

On a repris en même temps que tout le monde. Ce n'est jamais une période très joyeuse à vivre (sourire), mais il faut passer par là. Alors on va dire que ça se passe. On court. On commence tout juste à toucher le ballon, donc il n'y a pas encore de relation qui se crée vraiment. On reprend nos repères avec la balle individuellement. On verra la suite progressivement.

L'équipe ayant été largement renouvelée à l'intersaison, la période est-elle d'autant plus importante cette saison ?

Oui, dans la mesure où l'effectif est renouvelé au trois-quarts, même s'il y a des joueurs qui évoluaient déjà au Caen Handball la saison dernière dans le lot (Jordan Allais, Nyls Breysacher, Diego Moreno et Samuel Goupillot, ndlr). C'est quand même un groupe qui doit apprendre à vivre ensemble, à se construire ensemble, pour mieux se connaître. Quand il n'y a que trois quatre joueurs à assimiler dans un groupe, ça va plus vite. Là, c'est à nous d'accélérer les choses. Ce n'est pas mission impossible. Beaucoup d'autres équipes ont connu ça. Et quand on souffre ensemble, cela soude aussi. La prépa sert aussi à ça.

Les supporters du Caen Handball doivent-ils s'attendre à quelque chose de totalement nouveau à la reprise ?

Je ne pense quand même pas... On va vouloir s'orienter vers un jeu qu'on aurait souhaité jouer déjà la saison dernière. On ne va pas réinventer notre handball. On va rester sur notre projet de jeu étant donné qu'il reste tout de même cinq six joueurs de la saison dernière. C'est une base sur laquelle on va s'appuyer. Il ne faut pas tout changer. Je pense qu'on va chercher plutôt à accentuer la façon de jouer qu'on avait l'année dernière.

C'était important de renouveler le groupe après une fin de saison compliquée ?

Oui. On a vécu une bonne première partie de saison. Après, les choses se sont déroulées plus difficilement. On peut trouver différentes raisons à cela. On ne peut pas dire qu'un seul élément a fait que, du jour au lendemain, cela ne s'est plus passé comme on le souhaitait. Plusieurs petites choses ont empêché le groupe de fonctionner comme il avait vécu en première partie de championnat.



Tu as été promu capitaine de cette équipe. Comment cela s’est-il passé ?

En fin de saison, quand Dragan commençait à refaire son effectif, il cherchait un capitaine. Il a vu individuellement ceux qui restaient pour avoir leur point de vue. Il a fait son choix, mais rien ne m'a été imposé. J'ai accepté ce rôle-là, que d'autres auraient assurément très bien géré aussi. Je ne suis pas là pour être le chef et que tout le monde m'obéisse. Je vais beaucoup déléguer. Depuis le premier jour de la reprise, Max (Langevin) s'est beaucoup plus affirmé que les années précédentes. Denis (Serdarevic) l'a fait aussi la saison dernière et reste dans cette lignée. Adrian (Rosales), Denis, Max et moi devons être des cadres. Mais le groupe doit d'abord vivre collectivement. Pour ma part, à mon avis, ce sera surtout sur le terrain que je m'affirmerai.



Tu étais déjà un leader, le capitanat peut-il changer ta manière d'être ?

Je pense que oui, mais je ne le souhaite pas. Prendre ce rôle ne veut pas dire que je dois changer mes attitudes. Je n'ai pas envie de passer pour le méchant, ou le flic. J'espère rester comme j'étais l'année dernière, mais en accentuant tout de même certaines choses puisque ce n'était pas moi le capitaine. Il faut que je m'affirme un peu plus dans ce rôle-là, mais sans être dans l'excès. Pour moi, c'est une première. Je ne connais pas ce métier-là, je l'ai dit à Dragan. Je vais essayer de le faire du mieux possible mais je vais peut-être me planter. Je serai alors prêt à reconnaître mes erreurs et à m'excuser.



« Flo (Dessertenne) a fait des choix, on doit les respecter »



Être capitaine dans une équipe de Proligue, c'est aussi une vraie étape dans une carrière ?

Oui, ça représente peut-être certaines choses. Mais pour moi, il peut y avoir plusieurs capitaines dans une équipe : le capitaine de soirées (sourire), de vestiaire, d'entraînement, de match... On peut s'appuyer sur plusieurs personnes. Le capitaine ne doit pas tout faire et prendre tous les rôles.



On sent que la vie de groupe sera différente cette saison.

Il reste Dragan et quelques anciens, donc on s'appuiera dessus et le management ne sera pas révolutionné. Malgré tout, avec le renouvellement de l'effectif et en tirant les enseignements de la saison dernière, on a voulu changer des choses. On essaie d'apprendre de nos erreurs et de ne pas les reproduire. On ne réinvente pas tout pour autant. Ce sont beaucoup de petits détails. Il ne faut pas que ça perturbe le groupe.

Justement, le groupe a-t-il été perturbé par l'annonce à grand bruit du départ de Florian Dessertenne quelques jours avant la reprise ?

Flo est notre camarade, on le soutient. Il a fait des choix et on doit les respecter quoi qu'il en soit. Le club et lui n'ont pas trouvé de terrain d'entente. Ça peut arriver. Malheureusement, il a eu la blessure. On a notre avis là-dessus parce que c'était quelqu'un de très important dans ce club, un peu l'image du club à l'extérieur. Ce n'est pas choquant ce qui s'est passé mais oui, c'est perturbateur pour nous. D'un seul coup, on perd quelque chose de très important. Maintenant, nous sommes professionnels. La vie continue et il ne faut pas ressasser le passé. L'essentiel est que Flo réussisse pleinement sa rééducation, sa vie de famille et son année d'enseignant-stagiaire. Il a toujours bien su mener ses doubles projets voire ses triples projets. Quand tu es handballeur, capitaine, que tu as un enfant dans l'année et que tu passes ton concours pour être professeur, ce n'est pas facile. Concernant les joueurs qui arrivent, ils ne sont pas perturbés dans la mesure où ils ne connaissaient pas Florian avant. De notre côté, il faut qu'on avance.



Tu es un des plus anciens de cette équipe et une satisfaction de la saison dernière. Tu seras très attendu...

Le plus dur n'est pas la première saison mais la deuxième. Ce n'est certes pas ma deuxième saison en Proligue, mais c'est la deuxième dans cette équipe. Le but sera de s'affirmer dans une confirmation (sic). Je serai peut-être attendu par les autres équipes, mais c'est le jeu. Moi aussi je regarde quels joueurs joueront dans quelles équipes, et je les attends. C'est partout pareil. Je ne suis pas plus attendu qu'un autre.



Arrives-tu à situer ce que peux faire cette équipe caennaise ?

En gros, je dois annoncer si on joue les playoffs ou pas (sourire) ? C'est dur de se situer parce qu'on n'a pas fait d'opposition ni de jeu tout terrain. Il y a des équipes dans ce championnat qui s'affaiblissent, d'autres qui se renforcent beaucoup plus. On aura un championnat encore plus dense et homogène à mon avis. De notre côté, j'attends encore pour me prononcer. On sait qu'on va s'orienter vers du jeu rapide, mais comme on n'a pas encore fait de jeu tout terrain, je ne sais pas quel jeu rapide on peut produire. Ce qui est sûr, c'est que je souffre sur la piste comparé aux trois-quarts de l'équipe ! La certitude, c'est le maintien avant toute chose. Ensuite, on pourra plus facilement cibler une certaine place. Mais dans ce championnat-là, tu peux être cinquième à la trêve et terminer premier non-relégable à la fin.



Ecrit par Aline Chatel

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